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jeudi 8 novembre 2007

Les Experts : Autopsie d'un succès

Au début des années 2000, ni Paco Rabanne ni Madame Soleil n’auraient prédit le carton monumental de la série Les Experts. Plus qu’une série, c’est un vrai business qui rapporte chaque année des millions de dollars. Ultra « bankable », la série s’est transformée en franchise de luxe. Après deux saisons des Experts : Las Vegas, sont nés Les Experts : Miami puis les Experts : Manhattan. Ces trois séries tournent autour du même concept : chaque épisode suit l'enquête d'une équipe de police scientifique ..que dis-je.. une SUPER équipe de policiers scientifiques qui en plus de démasquer les criminels grâce à un seul poil de cul, font également office d’inspecteurs et savent utiliser leur flingue aussi bien que Clint Eastwood.

A l’origine de cette mine d’or télévisuelle, on trouve le mégalomane américain : Jerry Bruckeimer, surnommé « le fric de Beverly Hills ». Ce golden boy, au sourire de mauvais acteur de soap, a été l’un des producteurs les plus en vogue dans les années 80-90 avec quelques projets de grande ampleur comme Le Flic de Beverly Hills, Independance Day, Armageddon etc… Au début des années 2000, les affaires ne tournent plus aussi bien et tente sa chance à la télévision avec Les Experts. Des histoires banales misent en valeur par une réalisation clippesque et des filtres à vous donner l’impression d’avoir passé la nuit à se cuiter à l’absinthe. Des bimbos, des clichés, un peu de moral judéo-chrétienne… Le public est content.

En plus de rapporter beaucoup d’argent, la franchise est rentable sur le long terme. Les Experts : Las Vegas, première des trois variantes, en est à sa 7ème saison aux Etats-Unis et attire toujours une moyenne de 20 Millions d’américains chaque semaine, ce qui en fait le programme de fiction le plus regardé. L’an passé, notre équipe de policiers scientifiques s’était fait griller leur position de leader par l’inattendu Grey’s Anatomy. Mais cette dernière, qui a sérieusement dégringolé niveau qualité, n’a pas tenu longtemps la barque et s’est fait de nouveau doubler par le CSI (Police scientifique américaine) du Nevada. Les Experts : Miami tournent à une moyenne de 15 Millions de spectateurs et cartonne également en France avec 10 Millions en moyenne ! Les Experts : Manhattan est la plus faible des trois côté audience mais maintient entre 11 et 13 Millions d’adeptes.

En 2000, Les Experts (Las Vegas) ne jouissent pas vraiment d’un gros budget pour leur première saison. Il faut dire que suivre les péripéties de policiers scientifiques n’avaient rien de très marketing, surtout quand on sait que le producteur Anthony E.Zuiker défendait l’idée d’une série où les personnages n’useraient jamais de leur arme à feu. Quoiqu’il en soit, les monteurs de ce show sont parvenus à donner de la substance à la série en l’habillant d’effets de synthèse, de bidouilles bien clinquantes et d’un générique sous le tempo de The Who ! On en oublie presque les intrigues un peu répétitives même si les scénaristes ne manquent pas d’imagination pour donner du relief au fil de l’investigation. Le show bénéficie également d’une interprétation de qualité avec notamment William Petersen (Le Sixième Sens, Le Solitaire) qui brille à l’écran et des seconds rôles qui s’en sortent bien. D’une qualité honnête mais pas renversante, on peut quand même souligner la stabilité au bout de 7 saisons.
CSI : Las Vegas cartonne et les producteurs ne résistent pas à l’appel d’un spin-off qui prendrait pieds dans un environnement plus exotique : Miami. Secrètement, on cherche surtout à séduire un nouveau public, plus jeune et moins pantouflard que la série mère. Ainsi Les Experts : Miami débarque en grande pompe. Pour annoncer la couleur, on fait signer le très polémique David Caruso (NYPD Blue, Kiss Death, Kings of New York) pour incarner le patriarche Horacio Caine. Autant dire que le personnage (et l’acteur) monopolise l’intérêt de la série, qui par ailleurs est inférieure à son aînée. Intrigues plates, seconds rôles superficiels… le tout cramé par un traitement de forme vomitif. Reste un rythme plus nerveux, des fusillades qui la distingue de Las Vegas et surtout des filles en bikini à en pleuvoir. Les saisons récentes ont quelque peu corriger les erreurs passées et mettant en valeur la décadence de Miami. Mais ça reste relativement médiocre.

Las Vegas cartonne, Miami cartonne… « Jamais deux sans trois » et les producteurs veulent créer un nouveau spin-off mais souhaitent cette fois changer la donne en proposant quelque chose de différent. Fini donc l’exotisme des palmiers et des casinos, on retrouve donc de nouveaux « experts » mais cette fois à New York, sous le froid, la pluie et les buildings bourrés d’amiante. Ce grand changement se ressent par une photographie qui vire au bleu et au gris, ainsi que des décors froids et crasseux. Un changement qui s’opère aussi dans la qualité puisque la première saison des Experts : Manhattan est excellente avec des scénarios macabres, des personnages torturés et un humour noir très sympa. Malheureusement l’audience est moyenne et la seconde saison se veut plus proche des deux autres série. La qualité se ressent et on passe d’une première saison encourageante à une seconde ennuyeuse tournée en plus à Los Angeles (c’est crédible...). On peine donc à lui trouver un intérêt mais les audiences remontent. Une déception ! Dernière chose : on retrouve Gary Sinise (Forrest Gump, Mission to Mars) comme star et accompagnée de Melina Kanakaderes (Providence). Bon cast dans l’ensemble même si l’on regrette le départ de Vanessa Ferlito (Boulevard de la mort) et le changement de poste de Hill Harper qui était excellent en légiste, beaucoup moins en enquêteur.


jeudi 11 octobre 2007

The Shield : Protéger et se servir

Oubliez les plages d'Alerte à Malibu, oubliez le strass et les coupés de luxe, oubliez les bimbos au bronzage californien.. Vous êtes dans l'autre facette de Los Angeles, la réalité des quartiers chauds, l'odeur du sang, les guettos de minorités, la coke à la sortie des écoles, un crime tous les 5 minutes... Bienvenue dans The Shield, la série où les gentils et les héros n'existent pas!

Attention authentique série culte! Une pièce rare de la télévision proposée pour la première fois par la chaîne câblée habituée des provocations : FX Network (Nip/Tuck...). Un spectacle indépendant de toutes normes que Canal + a eu le courage de faire partager au public français. The Shield n'est pas une série policière comme les autres. On assiste au quotidien d'un commissariat d'un quartier ultra-sensible de Los Angeles où le pessimisme est la philosophie de tout individu psychiquement sain. Pas d'héroïsme mal placé, pas de supers flics, pas de beaux gosses virils, pas d'abricot sur mesure... Ce show nous présente donc une série de personnages très différents mais réunis par une chose : leur humanité.

Le premier point fort de ce show est de s'attacher de manière assez gonflée au réalisme des personnages qui sont la parfaite antithèse de ce qu'ils représentent. Ainsi la série se tourne autour de Vic MacKey, leader d'une brigade antigang. Il aurait pu être un héros, il n'en ai pas un. D'ailleurs il n'y en pas pas dans cette série. MacKey a beau être le personnage central de ce show, il n'en reste pas moins un flic ripou, une ordure insolente mais qui n'a jamais su intégrer les règles de la diplomatie. Pour arrondir ses fins de mois lui et son équipe, aussi pourrie que lui, n'hésitent pas à extorquer de l'argent à des dealers, à fabriquer des preuves, à commettre des "légitimes défenses" douteuses... Ce ne sont pas des anges dans la "Strike Team" mais ont le mérite de se faire respecter dans le quartier, contenant la plupart du temps de nombreux dérapages. Le reste du commissariat est composé de "Dutch", un inspecteur au look de fonctionnaire introverti et objet de toutes les brimades, souvent humiliantes. Mais Dutch n'en reste pas moins un redoutable enquêteur, subtile et sachant tout faire dégorger de ses suspects. Il est secondé par Claudette, une inspectrice modeste mais ferme et incorruptible. Son tempérament "pète-sec" lui vaut le respect de tout le commissariat. Du côté des officiers on trouve Danny, naïve et trop idéaliste ainsi que son jeune partenaire, Julian, dirigé par ses principes religieux et handicapé par sa dérangeante homosexualité. Enfin on trouve le capitaine Aceveda, un homme au premier abord rassurant et intègre. En réalité, c'est un politicien prêt à tout pour remporter les élections, quitte à s'associer avec MacKey, son ennemi juré, pour les magouilles les plus inavouables. The Shield est une série perturbante du fait qu'on ne sait pas du tout à qui se rattacher. C'est aussi ce qui fait sa force.

Caméra épaule non stabilisée, effets de solarisation... Cette série nous permet de rentrer au coeur de la barbarie des quartiers non fréquentables de la citée des anges. Un quotidien insupportable mais authentique, qui ne laisse aucune place au romanesque. Il est amusant de constater les locaux insalubres dans lequels bossent nos policiers, où les fonds de la ville sont insuffisants pour déboucher les WC hors services depuis deux ans. Un délicieux humour noir se dégage de cette série.
Les amateurs de spectacle seront séduits par les nombreuses phases d'actions, souvent très violentes. Le parallèle entre les méthodes expéditives de MacKey et la subtilité du tandem Dutch/Claudette est aussi à ne pas louper.
Bref une série coup de coeur que je suis actuellement en train de découvrir. Un spectacle coup de poing, insolent mais inventif. A ne pas mettre entre toutes les mains il est vrai, mais ce show mérite d'être découvert (si l'on a la patience d'attendre la première moitié de la saison 1, un peu faiblarde mais après... accrochez vous!).

vendredi 24 août 2007

Grey's Anatomy : un succès mérité ?

Personne n'a pu passer à côté de la série Grey's Anatomy. Arrivée en fanfare l'été dernier en France, la série fait un tabac monstrueux dans le monde et en particulier Outre-Atlantique où elle est la série la plus regardée. Avec une moyenne d'environ 22 Millions de mangeurs de doughnuts assidus, elle s'est permise de battre Les Experts : Las Vegas, qui s'endormait sur sa position de leader depuis plusieurs années. Comment une série aux ambitions modestes a-t-elle pu cartonné à ce point sur une chaîne à audience modérée (ABC, l'équivalent d'M6 chez nous) ? De plus que vaut Grey's Anatomy ?
Pour les quelques amnésiques qui ne le sauraient pas encore, Grey's Anatomy raconte la vie mouvementée de cinq jeunes adultes faisant leur internat en chirurgie dans le super méga hôpital Seattle Grace (à Seattle...) qui regroupe les meilleurs médecins du monde et les péripéties les plus folles. On est bien aux Etats-Unis pas de soucis! La série se veut avant tout un "soap", c'est à dire une fiction qui raconte la vie de ses personnages, un peu comme les Feux de l'Amour (les éclairages studios en moins). La comparaison avec Urgences est inévitable car elles plantent toutes les deux leur décor dans un hôpital. Néanmoins quoiqu'en en dise les mauvaises langues, la comparaison s'arrête là. En effet, Grey's Anatomy se veut beaucoup plus léger et "télévisuelle" que sa soi-disante consoeur. Urgences, à l'inverse, est plutôt cinématographique dans son concept. La série privilégie le spectaculaire des interventions et se sert de la vie privée de ses médecins comme un tremplin menant aux coups d'éclats récurrents. L'ambiance est plus noire et plus réaliste aussi (hôpital sous équipé et climat de pauvreté de Chicago très palpable). L'humour y est toutefois présent bien que ce soit du second degré avant tout.

Mais revenons à l'objet de notre billet : Grey's Anatomy. Est-elle la série du moment ? Dans un premier temps, il faut prendre en compte que la série partait sur des objectifs modestes et ne comptait pas emmagasinée une audience massive. Voilà pourquoi la première saison prend des airs de programme issu du câble en prenant quelques risques intéressants. Humour grinçant, dialogues corrosifs et une mise en avant des trois héroïnes qui montre que les producteurs tentaient de séduire une population féminime avant tout. Toutefois la série ne manque pas de défauts. Premièrement, une obsession pour le sexe. Amusante dans le pilote, on a vraiment l'impression par la suite de regarder Sexe Files sur NT1 tant les dialogues sont gnan-gnan et ne parlent que de cul! Sans être coincé de l'abricot, on sature! (surtout si l'on est un mec, vu qu'on ne voit aucun bout de sein...). Il ne reste plus grand chose après ça. On saluera néanmoins le réalisme des opérations, bien qu'imparfait mais qui fait mieux que Urgences.
Après neuf épisodes, le succès est au rendez vous. Mais la série veut déjà évoluer et se transformer en un vrai show de grande antenne. La deuxième saison va donc mettre les bouchées doubles et nous servir pas moins de 29 épisodes spectaculaires. Grey's Anatomy veut manger les adeptes d'Urgences et devient du coup moins porté sur le cul. On y voit plus d'opérations, plus de sang, les personnages sont plus torturées, plus fourbes... Le côté léger en prend un coup et on suppose que la moitié de l'audimat de la première saison a mis les voiles mais au bénéfice de nouveaux adeptes, masculins. Si la série est plus digeste du point de vue du grand public, elle n'atteint pas des sommets pour autant. Les personnages manquent de charisme et seuls les loosers comme George ou les méchants sans coeur comme Alex ou Christina tirent leur épingle du jeu. Je trouve d'ailleurs que Meredith, l'héroïne, est désespérément plate (pas physiquement je vous rassure). Les scénarios sont aléatoires mais néanmoins correctes dans l'ensemble.

La troisième saison confirme le succès explosif de ce show médical. Mais on sent déjà que la série s'essoufle. Les scénarios basculent dans le quasi-ridicule et les relations entre personnages sentent les pâtes trop cuites. Les 25 épisodes qui la composent sont chiants, pas du tout inspirés, surtout sur la fin où ça tourne en rond comme une vraie toupie. Même les personnages "intéressants" comme Alex deviennent lisses au possible. Bref une série qui se meurt de l'intérieur même si son audimat en redemande. Les producteurs ont même cédés à la mode du spin-off avec la création d'une série parallèle Private Practice, mettant en avant le personnage sous-exploité d'Addisson Montgomery.

Grey's Anatomy est une série chanceuse mais pas géniale pour autant. Elle profite du retour à la mode des séries médicales comme l'est un autre gros succès tout aussi superficiel : Dr.House. Un programme sympathique mais léger non seulement dans le ton mais aussi dans l'intérêt. Le manque d'inspiration des scénaristes risque de porter un coup fatal à l'audience. Peu de chance qu'elle atteigne les 14 saisons d'Urgences. Surtout qu'au bout de 3 saisons, cette dernière n'avait pas fini d'enthousiasmer les critiques.


mercredi 4 juillet 2007

Secret Story : Le Zoo du XXIème siècle!

....Mon dieu.... Je ne sais comment vous décrire ma mine de désolation quand j'ai assisté à la première de Secret Story. Sarkozy aurait lâché un gros pet en direct que je n'aurais pas été aussi consterné! Dans le genre "télé-poubelle" on aura pas fait mieux. TF1 est tombé bien bas pour satisfaire un audimat de plus en plus adepte de grille-pains cérébraux aussi appelées émissions populaires.

On pensait la télé-réalité les deux pieds dans la tombe et bien non! La chaîne rouge et bleue y croit dur comme granite, même après les échecs de Nice People et le saut de l'ange de la Star Ac' dans les audiences. Alors que ce genre a été usé jusqu'à la corde, les producteurs de Secret Story (aussi inspirés qu'un peintre faisant ses courses à Super U) ne se sont pas foulés et ont repris à l'identique l'émission Loft Story. Même slogan, même logo, même concept, même... présentateur!!! M6 n'aurait pas de scrupules a les poursuivre pour plagiat. Il faut donc faire appel à des foreurs de plate-forme pétrolière et un optimisme panglossien pour espérer trouver un intérêt quelconque à ce mauvais spectacle.

Secret Story n'est ni plus ni moins qu'un prétexte pour satisfaire les bas instincts de ses spectateurs, du voyeurisme à la perversité... Un loft à la décoration cosy et branché où des connards aux tablettes de chocolats courent après des poules de luxe dans tous les sens pour faire saliver le péquenot devant son écran. Des caméras dans les douches et dans la piscine, une baignoire au milieu du salon... tout est fait pour titiller le trash, le tout à une heure de grande écoute s'il vous plaît!

En principe une telle émission m'est totalement indifférente mais cette fois ci est particulière : une amie fait partie des candidates. La plus discrète, la moins superficielle, la plus belle vous voyez de qui je veux parler ? de Nadège bien sûr! Nadège n'a pas d'affinités particulières pour ce genre d'émission bien au contraire (elle doit rigoler tout autant que moi). Si elle a accepté de faire "Loft Story 3" c'est simplement pour tenter de se faire une place dans le monde de la télévision ou du cinéma même si je ne suis pas d'accord sur la méthode à suivre. Nadège a au moins la chance de cumuler beauté (elle a été Miss Berry), lucidité (personnalité hors norme) et une intelligence remarquable (je la considère comme surdouée) qui lui donne des avantages certain pour faire face à ce monde hypocrite et déshumanisé. Néanmoins je crains qu'à moyen terme elle se face bouffée par cette colonie de requins. J'espère que cette merde de Secret Story ne salisse pas son image. Jusqu'à maintenant elle a réussi à échapper au ridicule et j'ai confiance en sa faculté à ne pas se laisser corrompre par la connerie télévisuelle.

vendredi 29 juin 2007

New York Series (Franchise : Laws & Orders)

Les policiers de New York sont considérés comme les meilleurs au monde. C'est sur cette idée que Dick Wolf, producteur à la télévision, crée en 1990 une série consacrée au fonctionnement du système de répression américain, de l'investigation jusqu'au verdict du jugement. New York District était né. Le succès est total! 18 ans après, la série est encore produite! Un record en soit sachant qu'une série policière ne dure jamais plus de 5 ou 6 saisons. De cette franchise va naître 3 spins-off (séries parallèles) que sont New York : Unité Spéciale (1999), New York Section Criminelle (2001) et New-York : Cour de Justice (2005).

New York District (ou New York Police Judiciaire) raconte le quotidien des policiers et des magistrats qui combattent les pires criminels de la "ville de la liberté". L'originalité de cette série est son relatif réalisme. Au début des années 90, on est encore sous l'influence du style 80's c'est à dire un ton très second degré et des scénarios en général assez léger. NY Police Judiciaire prend cet esprit un peu "coolard" à contre-pieds et propose une ambiance assez noire, révolutionnaire pour l'époque, qui montre des individus étonnamment humains avec leurs qualités et leurs défauts. Par exemple, le détective Mike Logan est un violent notoire qui utilise la manière forte pour obtenir ses informations. Lennie Briscoe mélange humour noir et cynisme... Un univers pas toujours rose mais proche de la réalité. Les épisodes se découpent en deux temps : tout d'abord l'enquête à proprement parlée puis la partie judiciaire (qui s'avère en général être la plus spectaculaire). Soulignons aussi la qualité de l'interprétation et la rigueur de la narration. Une excellente série policière!

New York : Unité Spéciale est la première série dérivée de New York : Police Judiciaire. Le succès de cette dernière a convaincu son créateur de produire un spin-off avec de nouveaux personnages et surtout des enquêtes totalement différentes. New York : Spécial Unit prend au départ un risque important en se focalisant sur les crimes à caractère sexuel. Un sujet étriqué et polémique dont les créateurs de la série vont pourtant se sortir avec un succès remarquable. Ce spin-off se veut plus chaleureux mais aussi plus violent que la série mère. Les inspecteurs de la brigade semblent plus concernés par leurs enquêtes du fait que les victimes sont en général vivantes après leur agression. Finalement NY : Unité Spéciale est supérieure à NY : Police Judiciaire en terme de qualité : moins froide, plus spectaculaire, plus humaine mais peut-être aussi moins réaliste.

New York : Section Criminelle est crée pour combler le certain délaissement de la partie investigation de New York : Police Judiciaire. NY : SC se concentre principalement sur les enquêtes des policiers et en particulier sur ses deux inspecteurs. Le démarrage de la série est pourtant mitigée. A l'inverse de NY : Unité Spéciale, ce troisième spin-off a bien du mal à se distinguer de la série originale. Les enquêtes sont peu originales et l'intérêt est assez mince. Toutefois elle bénéficie d'un atout de taille : la présence explosive de l'acteur Vincent D'Onofrio (Men in Black, Strange Days..) qui campe un Sherlock Holmes
dépressif et totalement barge. Une composition exceptionnelle d'une rare qualité à la télévision. Le public est présent et la série poursuit son bonhomme de chemin. Finalement NY : SC va se bonifier au fil du temps jusqu'à devenir actuellement la meilleure série de la franchise Law & Order. Le réalisme est mis de côté au profit d'enquêtes souvent improbables mais passionnantes! La série bénéficie aussi du renfort de Chris Noth, débarqué de Police Judiciaire, qui reprend son personnage de Mike Logan, autre personnage marquant de la franchise.

New York : Cour de justice
n'aura malheureusement pas connu le même succès que les autres séries de la franchise. Pourtant elle ne manque pas de qualités. NY : CdJ se concentre presque essentiellement sur la partie judiciaire des enquêtes. Les épisodes débutent sur les arrestations. Le substitut du procureur entre en scène donc dès le début. Le point fort de cette série c'est son côté pédagogique : elle montre en effet le système judiciaire américain sous toutes ses coutures et de manière claire. Ce spin-off s'arrêtera au bout d'une vingtaine d'épisodes, malgré le renfort de personnages forts de la franchise comme Lennie Briscoe. Un échec non mérité car la qualité est au moins équivalente à ses soeurs.

samedi 2 juin 2007

Batman "The Animated Series"

En 1989 et 1991, Tim Burton fait de Batman le super héros le plus charismatique de tous les temps grâce à deux superbes adaptations au cinéma: Batman et Batman 2 Le défi. Des versions controversées mais ô combien profondes qui tranchent avec la légèreté de la BD. Une prise de risques qui va décevoir de nombreux fans de la version papier mais qui va en subjuger d'autres. Le réalisateur a choisi d'aller à contre pieds de la BD, c'est à dire en optant pour un univers sombre et dépouillé inspiré de celui de Franck Miller dans le comics : Batman The Dark Knight où Bruce Wayne (Batman) est un milliardaire vieillissant et dépressif, qui combat sa solitude en poursuivant les criminels d'une ville ; Gotham City. Le succès des films génère de nombreux produits dérivés dont un dessin animé de grande qualité : Batman The Animated Series.

La production de la série animée commence dès la fin de Batman Le défi et se destine en partie aux enfants, et pourtant... Bien qu'à vocation commercial, la production de Batman le dessiné animé va prendre plusieurs risques artistiques comme confier la réalisation à Bruce Timm et Eric Radomski, auteurs des Tiny Toons et des Animaniacs. Deux excellents dessins animés à l'opposé de l'univers du "Dark Knight' mais c'est pourtant cette différence qui va faire de Batman Animé une série culte, jamais égalée à ce jour. Timm et Radomski vont ainsi dirigé 85 épisodes de 22 minutes à la qualité stupéfiante pour un format destiné aux enfants. L'ensemble de la série retrace l'ensemble de la mythologie avec la présence de tous les personnages cultes.

Batman ce n'est pas seulement un divertissement enfantin, l'univers y est étonnamment mature et sombre. Le dessin mélange le coup de crayon cartoonesque avec la noirceur d'un expressionisme allemande, superbe! Gotham City ressemble à une cité morte, sinistre et combine les ambiances années 30 et contemporaine. La psychologie des personnages est également remarquablement poussée, en particulier celle des ennemis comme Double-Face ou Poison Ivy.

Je finirais par souligner la qualité des voix qui ont été doublés par des noms prestigieux comme Mark Hamill, Adrienne Barbeau ou Ron Perlman en VO. Une fois n'est pas coutume la VF surpasse la version originale. Batman bénéficie du doubleur Richard Darbois (la voix d'Harisson Ford!) qui donne au personnage un côté rétro et viril du plus bel effet!

Si vous recherchez les DVDs du dessiné animé, il va falloir lorgner du côté du l'import car les coffrets ne sont jamais sortis en France. Bonne nouvelle tout de même : ils sont dézonés!

mardi 8 mai 2007

X-Files : La vérité est tout près de chez vous!

X-Files est de très loin l'un des meilleures séries des années 90 et se hisse certainement parmi les meilleures tout simplement.

13 ans après son commencement, elle n'a pas perdu de son éclat (juste un peu) et c'est d'ailleurs aujourd'hui que l'on peut mesurer à quel point elle révolutionnait l'univers télévisuel en le décomplexant face au cinéma.

En effet, d'une question purement technique, jamais on aura vu un tel soin de l'image que ce soit pour la photographie sombre, grisonnante aux contrastes très appuyés qui tire fabuleusement parti de la géographie de Vancouver, lieu où a été tourné la série de la saison 1 à 5. Pour les saisons 6 à 9, c'est Los Angeles. Moins morose, l'image est plus chaleureuse et transforme au passage la série qui devient plus humoristique et originale.
Que dire de la réalisation vraiment soignée et audacieuse qui a fait ressortir des noms comme Rob Bowman. Bien que souffrant d'un budget plutôt modeste (eh oui!) la série a gratouillé le monde de la pellicule et sa créativité. Pas étonnant que des séries comme Urgences et ses plans de 3 minutes ou encore NYPD Blue, créatrice de la caméra épaule au cadrage approximatif, ont été encouragés par cette prise de risques artistique.
X-Files c'est aussi une BO d'une toute beauté aussi riche que subtile.

Après la forme, le fond. X-Files c'est aussi un univers, un ptit monde très personnel de son créateur Chris Carter qui a eu l'ingénieuse idée d'adapter sa série sur les craintes de son époque : la peur de l'inconnu. Faire de la peur pour faire de la peur aurait été trop simple. Carter a parfaitement compris que l'on a toujours peur de ce que l'on ne connait pas ou sur ce qu'on ne fait pas confiance. Les sujets abordés dans la série sont particulièrements vastes. D'ailleurs les "extraterrestres" n'occuppent finalement qu'une place limitée dans l'ensemble des épisodes puisque ça ne concerne que deux ou trois épisodes par saisons. Scénaristiquement c'est un véritable délice, du moins pour celui qui fait l'effort de s'y attacher.

La série se divise en trois grands courants:

Saison 1 à Saison 5 : Tournées à Vancouver, les 5 premières saisons font la belle part à la peur et au suspens. L'univers est y grisâtre, pessimiste, inquiétant... Toutefois la série sait faire rire. De nombreux épisodes sont ouvertements comiques, souvent des hommages au cinéma ou à la série elle-même.
Saison 6 et 7 : Le transfert des lieux de tournage à Los Angeles a totalement dissippé le côté angoissant de l'ouest canadien. Ces deux saisons se veulent très expérimentales, au ton très léger. Le second dégré est omiprésent. Déroutant pour de nombreux fans.
Saison 8 et 9 : Le départ (partiel) de David Duchovny a provoqué un retour aux sources de la série. La série redevient flippante et sait se moderniser.

Et que dire de ces personnages cultes aussi mystérieux que charismatiques dont on veut tout savoir et dont on donne les infos q'au compte-gouttes. Frustrant mais tellement excitant!
Autre très bon point, la série est merveilleusement bien documentée. Beaucoup de faits, d'évènements précis et tout ça avec exactitude. Quel plaisir d'écouter Mulder parler de l'histoire française avec précision et sans clichés débiles. Politiquement la série ne vire pas non plus dans le patriotisme ou l'engagement volontaire.

En bref, c'est une série GENIALE!!!

Je finirais par souligner l'excellence de la version française! C'est même mieux que la VO à mon gôut donc c'est dire! Les voix sont vraiment parfaites.