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dimanche 30 septembre 2007

Le Goût de la vie : rien n'est plus délicieux (à part les Crunchips!)

Le Goût de la vie surfe sur la vague commerciale des gentilles comédies sentimentales inoffensives. Je me lâcherais pas sur ce film qui, malgré d'évidentes faiblesses, n'est pas non plus un produit prétentieux ni nécessairement une machine à dollars. Il s'agit au final d'un sympathique divertissement qui contribue à vous redonner la banane à la sortie des salles de ciné (c'est rare). En soit c'est déjà énorme.

Le film est le remake de "Chère Martha" un film allemand de 2004 (j'en connais une qui va me pousser à aller le voir!). Dans cette version hollywoodienne logiquement édulcorée et pleine de bons sentiments, on s'intéresse à la vie de Kate, chef cuisinière d'un grand restaurant New-Yorkais. Kate est une femme carriériste, talentueuse, indépendante et seule. Sa vie de vieille fille va totalement basculer quand sa soeur meurt dans un accident de voiture et qu'elle va devoir s'occuper de sa nièce qu'elle connaît à peine. La petite fille, traumatisé par l'évènement, va se refermer sur elle-même sous les yeux impuissants de Kate qui n'a que moyennement la fibre maternelle. Tous ces petits nuages vont se dissiper quand le restaurant décide de recruter Nick, un blagueur viril, cliché de l'homme parfait qui va tomber amoureux de Kate et dessiner un sourire sur la bouche de la petite Zoé. Un conte moderne très McDonald's donc.

Ne vous attendez pas à un chef d'oeuvre mais le film n'a pas la prétention d'en être un. Scénario ultra-prévisible (enfin non pas trop, le bisou avait une minute de retard ^^) et dialogues précuits (Ho je t'aime...). Quoiqu'il en soit, on passe un moment léger et déstressant. Les comédiens, malgré des rôles convenus, s'en tirent assez bien, surtout la très prometteuse Abigail Breslin (Little Miss Sunshine). Et puis quel plaisir de voir la trop rare Catherine Zeta Jones, l'une des plus belles actrices du cinéma.

Un film sympathique, qui vante de manière très élogieuse la cuisine française, une actrice principale superbe et classe... que demander de plus ? Ah si... qu'on nous fasse goûter! (pas des crunships lol!)

jeudi 27 septembre 2007

28 semaines plus tard

28 semaines plus tard est ce genre de film qui ne peut vous laisser indifférent. Que l'on aime ou pas, ces deux heures très intenses ont cet effet que peu de films possèdent : celui de marquer le spectateur quelqu'il soit. Ce film d'horreur-politique est la suite d'un film anglais très réussi de 2003 : 28 jours plus tard, réalisé par Danny Boyle (Trainspotting, La Plage...). Il raconte l'issue dramatique d'une épidémie d'un redoutable virus artificiel dans toute l'Angleterre. Ce dernier inhibait les humains d'une violence bestiale dont l'instinct premier était de contaminer la population par le sang ou la peau. Un speech qui lorgne du côté de la série Z mais le résultat final, redoutable d'efficacité, faisait largement oublier ce résumé faussement potache. Danny Boyle s'était à l'époque très largement inspiré du chef d’œuvre de l'horreur "Zombie" de Georges Romero, mais troquait le mythe cinématographique du zombie contre une approche plus télévisuelle et réaliste d'une contamination incontrôlable (tourné en DV + caméra épaule). Le résultat n'en était que bluffant, une expérience troublante par son réalisme et plongeant le spectateur dans un malaise quasi-jouissif.

28 semaines plus tard est-elle une suite digne du premier film ? La réponse est OUI. Ce qui est amusant, c'est ce que ce second volet est aussi réussi qu'inutile. Autant le dire tout de suite, il n'apporte rien de vraiment neuf mais il faut reconnaître qu'il pousse l'expérience terrifiante du premier encore plus loin, notamment grâce à un budget plus confortable. On aurait pu craindre une suite commerciale et bancale, heureusement ce n'est pas le cas. Cette fois ci, Danny Boyle n'intervient plus qu'en tant de producteur et se fait remplacer par un réalisateur espagnol Juan Carlos Fresnadillo (Intacto) qui va apporter à ce film un ton bien plus radical mais ne négligeant jamais ce qui a fait le succès de son prédécesseur.

28 semaines après l'épidémie qui a ravagé Angleterre, les autorités publiques et sanitaires estiment que le pays peut être repeuplé à titre expérimental dans un quartier de la City de Londres. Voilà pourquoi on fait venir un contingent d'hommes et de femmes dont la mission sera de valider si oui ou non le risque de contamination existe toujours et si ce n'est pas le cas, d'amorcer la réhabilitation du pays. Cette repopulation est par ailleurs encadrée par l'armée américaine, chargée d'intervenir en cas de force majeure. La transmission du virus étant très rapide et irrémédiable... Tout se passe bien jusqu'à ce qu'on retrouve cette femme, terrée dans une maison londonienne. Les médecins se rendent compte qu'elle est porteuse du virus mais qu'elle produit une forme de résistance. Une chance ?... ou une catastrophe?

Juan Carlos Fresnadillo annonce la couleur au bout de 5 min. 28 semaines plus tard se veut beaucoup violent et brutal que le premier volet. Jamais un début de film n'avait été aussi dérangeant. Ce qui tranche littéralement avec le film précédent est incontestablement son ton bien plus pessimiste. Si 28 jours plus tard mettait en avant l'espoir, sa suite revendique clairement le fatalisme et se fait une idée de la vie beaucoup moins illusoire. Certains détesteront cette nouvelle voie que s'est offert le réalisateur espagnol. Ce qu'on gagne en gore et en violence, on le perd aussi en profondeur et en finesse (même si quelque part c'est un plus pour cette franchise qui se veut être un docu-fiction). Aucun vrai héros pour ce second opus; et les quelques figures qui s'improvisent comme tel se voient infliger d'un sort particulièrement cruel. Oui, ce deuxième volet est un film proprement insoutenable, en particulier dans ses deux derniers tiers. Certaines séquences comme le "confinement" ou l"'épuration" sont des épisodes tellement atroces qu'ils donnent envie de gerber. Pas seulement pour leur aspect gore (qui reste finalement modéré tout le long du film) mais surtout par son aspect dramatique qui ne laisse aucune place à la moindre lueur d'espoir.

28 semaines plus tard est une expérience aussi fascinante qu'insupportable. Je préviens tout de suite, ce film est l'un des plus perturbant qu'il m'a été donné de voir. L'interdiction -12 ans est donc une aberration compte tenu du caractère très traumatisant de certains passages. Ne laissez donc pas vos enfants aller le voir, c'est un conseil que je donne.

samedi 15 septembre 2007

La Vengeance dans la peau : Jason tient le bon Bourne

C'est avec certain enthousiasme que je suis allé voir ce troisième volet des aventures de Jason Bourne, cet agent secret en quête de son identité (et de sa dignité), traqué par le gouvernement comme une bête féroce. Il faut dire que cette trilogie en a bluffé plus d'un et j'en fais parti. En effet, et c'est assez surprenant, les trois "(...)dans la peau" prennent à contre-pieds les codes du genre action et en particulier ceux du cinéma américain. Si les aventures de Jason Bourne laisse la belle part à l'action et au spectaculaire, elles s'attachent aussi beaucoup au réalisme des situations qu'elles présentent. Ces films prennent souvent l'allure de films documentaires tant ils s'attachent aux détails de la vie courante. D'ailleurs le tout premier volet, La Mémoire dans la peau, avait été plus ou moins conçu comme un film indépendant, donc prenant quelques risques.
Le gros point fort de cette trilogie est incontestablement son absence quasi-totale de clichés. Quel plaisir de voir Paris sans Citröen 2CV, sans gamins en culotte courte, quel satisfaction de voir Madrid sans danseuses de flamenco ou Berlin sans blondes peroxydées et bodybuildées. Ces films sont avant tout impressionnants par leur pertinence et leur sens du détail. L'antithèse du blockbuster américain en somme.

La Mémoire dans la peau, le premier volet, laissait un Jason Bourne stagnant dans les eaux de la Méditérannée et criblé de balles. Sauvé par des pêcheurs et guéri, il extrait une petite capsule de son corps indiquant un numéro de compte bancaire à Zurich. Une fois là bas, il trouve un passeport, une arme et... des tueurs à ses trousses. Aidé par une jeune étudiante allemande, Marie, il va alors chercher à savoir qui sont ces hommes et pourquoi se fait-il traqué. La clé : une mystérieuse organisation appelée Threadstone, une agence secrètement liée à la CIA. Dans la Mort dans le peau, Jason Bourne est toujours fugitif, vivant en Inde avec sa compagne Marie. Mais quand celle ci se fait exécuter par erreur par un tueur cherchant à tuer Bourne, ce dernier décide de mettre un terme aux agissements furtifs de la CIA le concernant, et veut dévoiler au grand jour leurs dérives.

La Vengeance dans la peau prend acte juste avant la dernière scène du second opus. Jason Bourne n'est ici plus la proie mais le chasseur. Il lève le voile sur un projet semblable à ThreadStone appellé BlackBriar dont il pourrait avoir été l'une de ses productions. Autant dire que ce troisième volet suit une ligne très semblable à la Mort dans la peau. Même si les deux films ne se suivent pas exactement, leur finalité est la même. Que vaut vraiment la Vengeance dans la peau ? Tout d'abord Paul Greengrass, réalisateur de Vol 93 et Bloody Sunday, est toujours à la barre et c'est tant mieux. En effet, son style basé sur le "live" avait grandement mis en valeur le deuxième épisode et cette suite en bénéficie tout autant. Les scènes d'actions sont toujours à couper le souffle et damne le pion aux grosses pétarades obèses de nombreux blockbusters américains du même genre. On reproche quand même leur lisibilité qui est (volontairement) réduite. Malheureusement ce qui fait défaut dans ce troisième opus c'est aussi leur trop grande nombre, qui viennent compenser un scénario plus mince qu'à l'accoutumé. Les séquences de course poursuites sont évidemment un régal, en particulier celle d'Heathrow, mais elles ont tendance aussi à traîner un peu en longueur. Les rebondissements scénaristiques sont moins percutants que les deux premiers volets, dommage.... Toutefois l'interprétation est toujours au top, Matt Damon en tête, qui donne à son personnage une crédibilité sans pareil. On soulignera aussi l'apparition plus longue de la toute triste mais jolie Julia Stiles venant apporter un peu de subtilité à toute cette férocité.

La Vengeance dans la peau est un très bon film, mais sans l'effet de surprise du deuxième volet (le meilleur selon moi), perd un peu en qualité. Ce troisième opus semble tiré légèrement sur la corde mais le plaisir reste intact. Les films Jason Bourne sont de loin les plus enthousiasmants en terme d'action aujourd'hui.

samedi 8 septembre 2007

La Jetée

Ce Samedi 8 Septembre, au lendemain d'une cuisante défaite au rugby (ha ha ha), j'ai décidé de remettre une couche de pessimisme et de vous parler d'un moyen métrage français : La Jetée. Ce petit film au budget très modeste a été réalisé en 1962 par le français Chris Marker (de son vrai nom, Christian François Bouche-Villeneuve.. nous y sommes!). L'originalité de cette création c'est incontestablement son traitement très original. En effet, ce dernier prend la forme d'un roman-photo de luxe : un montage de photographies en noir & blanc soutenue par une bande son de cinéma classique.

Mais outre sa forme très atypique, La Jetée est surtout intéressant par son contexte . L'histoire prend place dans un futur proche, dans une France ravagée par un cataclysme nucléaire et qui oblige les humains à vivre terrer dans des sous-sols pouilleux en attendant leur mort. Le seul espoir c'est cet homme, un inconnu dont les souvenirs vont au delà de la catastrophe. Les scientifiques de l'abri nucléaire vont alors tenter diverses expériences afin d'utiliser ces souvenirs pour "espérer" remonter le temps et déjouer la catastrophe. Au début des années 60, nous vivons dans une période pleine d'incertitude menée par la fragilité de dissuasion nucléaire qui d'un moment à l'autre inaugurerait les prémices d'une troisième guerre mondiale. Un film à forte vocation historique donc, qui prend le pouls d'une époque vigoureuse mais inquiète.

Je vous laisse admirer ce petit chef d'oeuvre aux clichés sublimes et vous imprégner de cette ambiance macabre et fascinante. Un bijou! Je tiens à noter aussi que ce moyen-métrage a fortement inspiré L'armée des 12 Singes de Terry Gilliam (avec Bruce Willis et Brad Pitt), un autre film très réussi.

jeudi 6 septembre 2007

Blade Runner : Mais qui peut rêver de moutons électriques ?

Il fut une époque déjà lointaine où Ridley Scott avait encore tous ses cheveux et toussotait après avoir fumé un cigare. C'était aussi le temps où sa réputation de grand réalisateur était encore justifiée. Avec Alien en 1978, il prouve au monde entier qu'il n'est pas utile d'avoir des centaines de millions de dollars pour faire un film de science-fiction impressionnant : une référence encore aujourd'hui (le film en a coûté 11, ce qui est ridicule aujourd'hui). Bref Sir Scott fait parti, au début des années 80, du club des meilleurs réalisateurs de sa génération après avoir enchaîné trois films de prestige : Les Duellistes, superbe fresque napoléonienne ; Alien, LA référence du fantastique et enfin le film que je vais vous présenter dans ce billet : Blade Runner. Selon moi son meilleur film et une étoile immortelle du 7ème art. Mais en 1982, date de sa première sortie, c'est un film mal vendu et totalement incompris du grand public. Aujourd'hui il n'en reste pas moins un mythe de la science fiction pour tous ceux qui auront regardé au delà de ses effets spéciaux, très réussis par ailleurs, mais dissimulant une profondeur scénaristique grandiose. Une perle cinématographique à placer à côté de 2001, l'odyssée de l'Espace, rien que ça!

Mais avant de revenir plus en détail sur cette oeuvre, parlons un peu du contexte. Tout d'abord Blade Runner est une adaptation assez libre d'une nouvelle de Philip K.Dick (Minority Report), l'une des icônes de la littérature de science-fiction. La nouvelle en question est "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?". Un texte au titre étrange et à priori sans prétention démesurée mais qui va donner un film totalement révolutionnaire pour l'époque (1982).

Blade Runner se déroule dans un futur proche (2019) dans un Los Angeles dépouillé et crasseux où les rayons du soleil peinent à percer l'épaisse couche de pollution. Le héros s'appelle Richard Deckard (Harrisson Ford), un inspecteur de police qui officiait autrefois dans les "Blade Runner", des agents spéciaux chargés de débusquer puis d'exécuter les "Réplicants". Ce sont des androïdes crées par les humains qui avaient pour tâche de travailler dans les chantiers spatiaux. Malheureusement leur conception, trop parfaite, les a transformés en êtres rebelles et nuisibles pour leurs créateurs. Au moment du film, l'ensemble de ces cyborgs sont censés avoir été "contrôlés" ou anéantis pour les plus rebelles. La police fait pourtant appel à Deckard pour reprendre du service car plusieurs meurtres sordides laissent à croire que des Réplicants renégats sont revenus à Los Angeles. La chasse commence...

Blade Runner associe le côté spectaculaire des films de Science-Fiction, le film policier et un fond narratif approfondi qui présente une réflexion profonde sur le sort de l'homme. Un mélange assez improbable à une période très marquée par Star Wars qui va dérouter le public. Le film sera alors vendu comme un simple produit spectacle d'anticipation. Résultat : un montage lapidé par des producteurs trop frileux et un semi-flop au box office. Il faut attendre 1991 pour que Ridley Scott propose un director's cut (nouveau montage supervisé par le réalisateur) et que Blade Runner retrouve toutes ses lettres de noblesse. Une ressortie très remarquée par le public et surtout par les critiques qui ne tarissent pas d'éloges sur cette nouvelle version qui fait redécouvrir un chef d'oeuvre unique et puissant qui avait trop d'avance sur son temps pour être apprécié correctement par ses spectateurs (comme 2001, l'Odyssée de L'espace en somme...).

Ce film est culte dans la mesure où une quantité impressionnante de films, de livres ou de jeux vidéos se sont inspirés de son ambiance et de son contexte unique. Il est vrai que l'atmosphère de Blade Runner est littéralement fascinante. On est bien loin de la technologie kitsch à la Star Trek. Ici on cherche surtout à proposer une projection la plus réaliste possible du futur. Encore aujourd'hui, on est plutôt surpris du résultat tant il est proche de notre monde tel que nous le vivons : embouteillage, pollution, explosion de violence, invasion de la publicité. L'univers de Blade Runner est bercé de solitude et de mélancolie. Une ambiance presque onirique porté par une partition grandiose de Vangelis, une référence tout simplement.
L'autre point fort de ce film est incontestablement son visuel de toute beauté. On sait que Ridley Scott est un amoureux des belles images et s'en donne ici à coeur joie. Toute comme ses précédentes oeuvres, BR ne bénéficie pas d'un budget important (28 Millions de dollards) mais parvient grâce à un usage astucieux des maquettes et du tournage en studio à créer une dimension grisante. La photographie est fine et inspirée, tout comme la qualité d'inspiration des décors. Une peinture futuriste grandiose.

La réalisation est digne des plus grands. Ridley Scott maîtrise sa Panavision c'est une évidence et met ses personnages sur un piédestal. Il parvient à donner une lueur "artificielle" dans la couleur bleue azur des yeux de ses Réplicants . Une interprétation de grande classe qui associe quelques grands noms comme Rutger Hauer (La Chair et le Sang, Sin City), Sean Young (Sens Unique) ou encore Daryl Hannah (juste avant de faire la naïade blondinisée dans Splash!).

Un grand film d'anticipation dont les quelques défauts serait une certaine lenteur et quelques scènes plus faiblardes que d'autres (L'exécution de Léon). Une oeuvre culte et magnifique dont ce serait un sacrilège de passer à côté!

mardi 21 août 2007

La Révolution des Crabes

La Révolution des crabes est un petit court métrage d'animation réalisé en 2003 par un français, Arthur de Pins. Ce dessin animé à l'apparence chétive est la preuve que l'on peut faire de la qualité avec trois bouts de ficelle et que Pixar n'a pas le monopole du coeur.

Voilà donc une oeuvre très inspiré, à l'humour grinçant et au dessin simple mais efficace. Mais quelques images valent mieux qu'un long discours donc je vous laisse admirer cette vidéo très réussie, justement primé au Festival d'Annecy en 2004.

La révolution des crabes
envoyé par COURTS_ET_DROLES

Merci à Romain pour nous avoir fait partager ce court métrage

dimanche 19 août 2007

The Fountain : nouveau chef d'oeuvre ?

Darren Aronofsky fait parti de cette nouvelle génération de réalisateurs qui sont parvenus à s'extraire du mécanisme bien huilé du cinéma commercial sans âme. Après deux films qualifiés de chefs d'oeuvres : Pi (1999) -que je n'ai pas encore eu la chance de voir- et surtout Requiem for a Dream (2001), vision subjective ultra-réaliste et percutante du monde des toxicomanes, on attendait le "nouveau génie" au tournant. Après plus de cinq ans d'attente et une production laborieuse (changements d'acteurs à la dernière minute et budget taillé en deux), son nouveau projet arrive comme un messie, il s'appelle The Fountain.

The Fountain laisse de côté la paranoïa et la destruction humaine au profit de thèmes plus mystiques comme l'immortalité et l'espoir. Le scénario est plutôt original mais aussi étonnamment simple. Il raconte l'histoire parallèle d'un même homme dans la peau de trois personnages à différentes époques. Il y a d'abord Tomas, conquistador espagnol partant en terre Maya pour dénicher la fontaine de Jouvence, fruit de l'immortalité; Tommy, scientifique du présent, cherchant désespérément à trouver le secret qui guérira le cancer de sa femme mourante; enfin Tom, astronaute philosophe et adepte du taï-chi, en quête de réponses mystiques. Ces trois histoires ont toutes le même but : l'espoir de la vie éternelle.

A l'image de ses deux opus précédents, Aronofsky s'attelle à un nouvel exercice de style. TheFountain est un trip philosopho-sensoriel et pictural à la 2001, l'Odyssée de l'espace. Le succès n'était donc pas assuré. Et malheureusement, le réalisateur s'est fourvoyé dans un discours brouillon et convulsif. A force de vouloir trop en faire avec des images superbes mais foisonnantes, les spectateurs se perdent en toute. L'ironie est que le scénario est finalement d'une bête simplicité. Au final, The Fountain parait un brin prétentieux d'autant plus que l'on a la désagréable impression de voir un moyen-métrage surgonflé à 1 h 40, tatillonnant plus d'une fois l'ennui. Cette histoire aurait peut-être mérité un traitement plus dans la sobriété et non pas dans le démonstratif clinquant. Si la recette fonctionnait avec Requiem for a Dream, ce n'est pas le cas ici.
The Fountain est donc une certaine déception. Néanmoins on est à mille lieux du mauvais film. D'autant que derrière ces maladresses de style, il reste quand même un talent évident. DarrenAronovsky est comme le premier de la classe qui se laisse aller à son génie mais qui manque de maturité. La réalisation, aussi excessive soit-elle, est la preuve d'une maîtrise incontestable. Peu de réalisateurs peuvent se targuer d'une telle inspiration dans le cadrage.

En dehors de ces qualités intrinsèques, on nous propose une interprétation de premier choix. Hugh Jackman se bonifie de film en film et Rachel Weiz est charmante à souhait. Soulignons aussi une bande son onirique absolument fabuleuse, très certainement l'un des plus belles de ces dernières années.

Darren Aronofsky perd son pari avec The Fountain. Néanmoins c'est un film à voir. Ne serait-ce que pour la beauté de l'image et du son. Un film-oeuvre d'art beau, avec beaucoup de goût mais maladroit et trop étincelant pour être vraiment bon.

vendredi 3 août 2007

Dead or Alive : un nanar bien "gonflé"!

Dead or Alive est à l'origine une saga de jeux de combats sur console. Surfant sur la vague des adaptations de jeux vidéos au cinéma, des producteurs ont saisi l'opportunité d'en faire un film. Un pari très risqué comme tenu de la réputation peu flatteuse des jeux de baston au cinoche et qui a fait naître quelques perles nanardesques comme l'incroyablement drôle "Street Fighter" ou le bouffonisant "Mortal Kombat". Dead or Alive bénéficie toutefois d'un avantage de taille : des héroïnes aussi sexy que dangereuses qui séduiraient à coup sûr le mâle libidineux. On retrouve aussi à la caméra : Corey Yuen, bon artisan du cinéma hong-kongais, réputé pour sa fantaisie, son second degré et ses chorégraphies irréprochables.

Les premiers screens parus sur le net ont immédiatement brisé la lueur d'espoir tant ils puaient le navet autant qu'une pouf sent le parfum bon marché. Un film "nanar-né" avant qu'une bande annonce, assez réussie avouons le, vienne alimenter de nouvelles espérances. Désormais Dead or Alive se présente comme un film d'été rafraîchissant et totalement décomplexé qui laisse la belle part à l'humour et à une image délirante. Cette impression sera-t-elle la bonne ?


NON! Le dicton le dit si bien : les premières impressions sont toujours les bonnes et Dead or Alive sera bel et bien le nanar que laissaient présager les premières images. Sans doute impuissant face à un scénario aussi inexistant que risible, Yuen ne parviendra pas à faire de cette adaption un produit digeste. L'intrigue tient sur une demi-feuille de papier Cul, police 72 et style Gras. Tout est prétexte à des combats assez bien foutus certes mais gâchés par leur trop grand nombre. Ce qu'il y a entre chaque affrontement est comparable à ce qu'on met dans les raviolis en boite : du totalement inbouffable! Les rebondissements sont à pisser dans le ciel. On se demande à quel point les scénaristes ont fait chauffer leurs trois neurones pour nous pondre un script aussi foireux. Le plus grave dans Dead or Alive ce n'est pourtant pas son scénario mais bel et bien son humour lâchement copié sur d'autres nanards, les Grosses têtes ou encore les blagues Carambar. C'est raté pour le second degré, aussi pour le troisième mais pourquoi pas pour le 48ème...

Dead or Alive arrive pourtant à dépasser d'un poil le niveau des pâquerettes notamment grâce à une photographie acidulée et rafraîchissante. Puis il y a aussi ces actrices qui bénéficient de généreux "arguments" pour nous convaincre (mmmmmh), avec encore plus de charme quand on appuie sur la touche "Mute" de sa télécommande. Quand à la prestation masculine, on saluera un excellent cast, qui dit-on, à été fait à la sortie des bars à 4 h du mat'.

Ne vous leurrez pas, Dead or Alive est le nouveau Street Fighter! Oui mesdames, messieurs, un nanar de choix à placer d'urgence dans votre rang "Comédie". C'est du bon, du très bon même... A savourer entre amis pour plus de folie.

mercredi 18 juillet 2007

Zodiac : Alléluia! Fincher est resssucité!

Voilà je vais vous faire une critique sommaire du dernier film de David Fincher, meilleur film de 2007 en attendant euh... une surprise, comme toujours! Critique tardive j'en conviens mais il n'est jamais trop tard pour présenter cette performance du 7ème art qui nous rappelle ce qu'est le vrai cinéma. Oui il y a encore du talent à Hollywood...

Le gars David nous avait fait une petite frayeur en 2002 avec Panic Room, un bon film mais en deçà de ce qu'on attendait d'un tel réalisateur. Après un Mission Impossible 3 abandonné et un film de skate finalement produit (Les Seigneurs de Dogtown), voilà que le réalisateur des monuments Seven et Fight Club s'attelle à l'un des dossiers les plus brûlant de l'histoire des Etats-Unis : le serial-killer surnommé "Zodiac". Attention rien à voir avec la désolante fiction policière de TF1, nous parlons ici du criminel californien de la fin des années 70 et qui n'a jamais été retrouvé.

David Fincher s'est donc investit dans le polar qui avait fait son succès avec Seven en 1995. On s'attendait à un film du même genre.. eh bien non! La magie de Zodiac est certainement son aspect totalement inattendu. On voyait déjà une réalisation "clippesque" propre au réalisateur, mais Fincher prend les spectateurs à contre-pieds en optant pour un style étonnamment simple et académique, qui flirte avec le documentaire d'investigation. Mais n'aller pas croire qu'il s'agit d'une déception, bien au contraire. Cet angle de vue aussi justifié que fascinant démontre une nouvelle fois la maîtrise remarquable du metteur en scène dans un genre finalement nouveau.

Zodiac est assez lent mais en contrepartie, la narration est absolument parfaite. Ce côté "mou du genou" est d'ailleurs totalement voulu étant donné que l'enquête du Zodiac sera caractérisé par un avancement saccadé et faible en rebondissements. Ce film se veut avant tout réaliste et crédible mais conserve un aspect cinématographique grâce notamment à une photographie assez "seventies". Zodiac est également une oeuvre merveilleusement documenté. Le sens du détail est exceptionnel, tout est traité avec méticulosité. Absolument remarquable! Le film est divisé en trois parties relatives dominées par trois personnages : tout d'abord Paul Avery (Robert Downey Jr.), journaliste qui amorce l'enquête; David Toschi (Mark Ruffalo), inspecteur chargé de retrouver la trace du crimine et enfin Robert Graymith (Jake Gyllenhall), dessinateur de caricature, résolvant l'énigme du Zodiac.
Très importante dans ce genre de films, l'interprétation est parfaite avec un casting exceptionnel. Robert Downney Jr. est génial comme d'habitude avec un second degré et une insolence qui correspond parfaitement à son rôle ; l'allure jeune premier de Jake Gyllenhall donne à son personnage des airs de Tintin; mais je finirais surtout par citer Mark Ruffalo, qui contrairement aux précédents (néanmoins excellents), signe une véritable composition d'acteur. Les second rôles sont aussi très pertinents à l'image de Chloé Sévigny qui forme avec Gyllenhall un couple très attachant ou encore Anthony Edwards (Dr.Green dans Urgences) qui signe une prestation étonnante de justesse.

Zodiac c'est aussi une ambiance feutrée, violente (les deux scènes de meurtres, insoutenables!) et lugubre de bout en bout mais parvient à intégrer une touche d'humour très bien venue. Inconstablement ce film est une réussite et même s'il ne parvient peut-être pas à la hauteur de Seven (de très peu...) il reste la preuve qu'on peut encore faire de bons films aujourd'hui. Zodiac est une oeuvre controversée (on aime ou on déteste, comme tous les films de Fincher) mais que j'ai trouvé passionnante. Il fait parti de mes films cultes.

mardi 10 juillet 2007

Die Hard 4 : Retour en enfer râté

Il aurait fallu s'y attendre. La légendaire saga Die Hard (Piège de Cristal, 58 Minutes pour vivre et Une journée en enfer) s'offre un quatrième épisode commercial et tout à fait inutile. Die Hard est donc la dernière franchise en date souillée par des producteurs sans scrupules, affamés de dollars et n'ayant aucune affinité avec le cinéma. Die Hard 4 : Retour en enfer (quel titre...) est à l'image des films commerciaux actuels : ni bon ni froncièrement mauvais mais assurément plat et démuni de tout intérêt artistique.

Le réalisateur a voulu (enfin les producteurs...) concilier l'esprit original des années 80-90 avec les nouveaux codes cinématographiques des années 2000 mais c'est complètement raté. Tout simplement parce qu'on ne peut pas mélanger ces deux générations de cinéma. Die Hard 4 est un film produit comme tout film qui coûte plus de 20 Millions de dollars : en rapporter trois fois plus! Et pour ça on ratisse le plus large possible en tentant de séduire (ou d'arnaquer en fait) le plouc de service pour qu'il s'en prenne plein la gueule pendant 2 h (mais se demandera si ça valait le coup de griller 8 euros pour ça?).

Et pour s'en prendre plein la gueule, on s'en prend très beaucoup! Dans le genre "destruction massive", le film fait fort! Mais ce surcroit d'explosions et de démolitions en non-règles, qui caractérisaient la série, est ici tellement énorme qu'on roule un énorme patin avec la caricature. La séquence de l'avion de chasse en est l'exemple le plus probant. Une séquence "armageddon" totalement boursouflée et qui a le culot en plus de la calquée sur un autre film : True Lies. Et que dire de cette réalisation gerbante qui donne l'impression au spectateur d'être au milieu d'une bille de de flipper! Die Hard ce n'est pas ça!

L'interprétation sauve (relativement) le film de l'échec artistique total. Bruce Willis ne semble tout de fois pas y croire et ses jurons en pagaille sont vraiment excessifs! Justin Long s'en tire le mieux malgré un rôle convenu au possible.

Bref faut-il aller voir Die Hard 4 ? Je serais tenté de dire "non" mais vu que le choix cinéma est aussi vide que la boite crânienne d'une Barbie... enfin faites ce que vous voulez!

jeudi 21 juin 2007

NARC : Attention film culte!

Il y a des fois où la qualité ne paye pas. Narc fait partie de ces films totalement méconnus qui pourtant, ont marqué le cinéma de leur empreinte. Ce film de Joe Carnahan sorti en été 2003 est passé totalement inaperçu du côté du public mais a embrasé l'enthousiasme des accros au polar ou tout simplement de cinéphiles avertis. Il s'agit ni plus ni moins du film policier le plus réussi de ces dernières années... Un chef d'oeuvre que l'on se doit de découvrir!

Narc présente l'histoire d'un ancien policier : Nick Tellis (
Jason Patric, Sleepers, Speed 2), traumatisé par le meurtre accidentel d'un nouveau né un an auparavant. Il a depuis traversé une grave dépression et arrêté son travail mais ses difficultés financières l'appellent à reprendre du service. C'est alors qu'on lui propose de récupéré temporairement son insigne pour étudier le dossier d'une enquête douteuse : celle de l'exécution d'un policier dans des circonstances troubles. Il fait équipe avec Henry Oak (Ray Liotta, Les Affranchis, Hannibal), le coéquippier du flic assassiné. Ce sont deux comportements opposés : l'un est posé et rigoureux, l'autre est rentre-dedans et persuasif. Tous les deux vont alors rechercher le ou les assassins... Cette traque va les mener dans un univers sombre et crasseux où la drogue et la violence fait partie de la routine quotidienne.

Pour son premier film, Joe Carnahan a réalisé un coup de maître. Un film intelligent et totalement maîtrisé. On appréciera notamment la réalisation "caméra-épaule" et les filtres orangés/bleutés donnant un aspect "hallucinogène" du plus bel effet. Les acteurs Jason Patric et en particulier Ray Liotta sont remarquablement crédibles et ont su s'impliqués pour leur rôle (le second a été jusqu'à prendre 10 kilos).
Une oeuvre indépendante innatendue et ultra-efficace! L'un de mes films préférés.

dimanche 3 juin 2007

Le Scaphandre et le Papillon

Ce n'est pas souvent qu'on voit de bons films français. Le Scaphandre et le Papillon est en quelque sorte l'exception qui confirme la règle. Il s'agit ici d'un vrai film et pas seulement d'un téléfilm transposé sur pellicule comme on voit trop souvent.

L'oeuvre est l'adaptation du livre autobiographique de Jean-Dominique Bauby atteint du syndrôme "locked-in" (paralysie générale sauf du cerveau) après un accident cérébral en 1995. Pendant près de deux ans, l'homme va communiquer avec son oeil droit en clignant des yeux et va parvenir à écrire un livre (du même nom que le film) salué unanimement par la critique.
Julian Schnabel, le réalisateur, est parvenu à faire de cette histoire bouleversante un chef d'oeuvre de poésie en combinant la superbe image de Janucz Kaminiski (directeur photo de Spielberg) et les mots empruntés au bouquin. Une alchimie somptueuse mais humble qui prend aux tripes. On ne verse jamais dans le mélo dramatique. L'humour est même présent. Mais le film n'aura pas été aussi bon sans l'interprétation époustouflante des comédiens à commencer par Mathieu Amalric, largement oscarisable pour ce rôle.


Un film totalement réussi, lent mais pas ennuyeux, poétique mais réaliste. Un prix à Cannes totalement justifié. A voir absolument!

dimanche 13 mai 2007

"Bloody Sunday" : Dimanche sanglant pour film tranchant

Nous sommes le dimanche 30 Janvier à (London)Derry en Irlande du Nord. Le pays est déchiré par les discriminations qui opposent protestants (soutenus par les anglais) et catholiques (qui se considèrent comme les vrais irlandais). D'un moment à l'autre, le conflit encore au stade des provocations, peut dégénérer. Ce jour symbolique est considéré comme l'amorce d'une longue guerre civile qui ne prendra fin que dans les années 90. Pourtant ce matin là une grande marche pacifiste est organisé par Ivan Cooper, leader de la NICRA, une organisation qui milite pour la paix et l'unification catho-protestante. Dans le même temps, l'armée britannique est sur place pour rétablir l'ordre.
Le drame arrive quand les soldats anglais ouvrent le feu sur des catholiques... Bilan : 14 Morts et une guerre de plus de 20 ans.

Bloody Sunday, réalisé par le talentueux Paul Greengrass (Vol 93, la Mort dans la peau), retrace cette journée dramatique. Journaliste de métier, le réalisteur a choisi une approche réaliste en faisant de ce film un docu-fiction à grand spectacle. Ultra-réaliste est le maître mot de ce chef d'oeuvre injustement boudé par les spectateurs. La reconstition du Derry des années 70 est exemplaire et le jeu des acteurs étonnant de justesse. Coup de coeur à James Nesbitt (Millions, Match Point), charismatique à souhait, qui campe un Ivan Cooper très crédible.

La caméra épaule permet de rentrer au coeur de l'action et de ressentir la tension croissante de cette journée meurtrière. Le passage où les troupes britanniques tirent sur la foule est d'ailleurs à couper le souffle. On a l'impression de revoir les évènements comme ils se sont réellements passés. Fascinant. Cette façon de filmer très journalistique sera d'ailleurs reprise dans un autre chef d'oeuvre du réalisateur (Vol 93).

Bloody Sunday est un film à voir absolument! Ne serait-ce que pour son aspect historique. Le film pêche peut-être par son absence de musiques qui rend le début un peu longuet. Néanmoins je le considère comme l'un des films les plus puissants de ces dernières années.

mercredi 9 mai 2007

"Swimming with Sharks" : à Los Angeles ce n'est pas le sang mais l'argent qui attire les requins!

Swimming Sharks est un film totalement méconnu sorti en 1995 et réalisé par le tout aussi inconnu Georges Huang...
Sous son apparence de thriller fast-food se cache une satire remarquable sur le milieu du cinéma à Hollywood. Pas de strass pas de paillettes mais un univers aussi pervers que Wall Street où la loi du plus gros salopard règne en maître.

Le film raconte l'ascension d'un jeune scénariste à peine dépucelé qui sort de son école de cinéma. Il vient d'obtenir un poste d'assistant chez le célèbre Buddy Ackerman, un des producteurs les plus célèbre de Los Angeles. D'abord enthousiaste, Guy, le héros, déchante très vite. Humiliations et injustices sont les recettes d'Ackerman pour gérer son personnel. Acceptant mal ce
traitement inhumain, le jeune homme pète un câble, craque et séquestre le grand producteur en lui infligeant les pires traitements...

L'ambiance assez fraîche et naïve du début du film laisse vite place à l'angoisse et à violence assez importante. La construction du film est exemplaire et l'évolution du personnage de Guy est très intéressante : candide, martyr, stoïque, admiratif puis pervers. Le film doit aussi sa réussite à l'étonnant Kevin Spacey qui incarne à merveille le cynisme et la tyrannie de son personnage en laissant transparaître une certaine sensibilité.

Enfin je tiens à souligner la remarque musique finale, malheureusement introuvable aujourd'hui. Un film indépendant prenant et bien construit qui mérite d'être découvert. La bande annonce ci-dessous...

Swimming with Sharks (Bande Annonce)
envoyé par ElMariachi333

mardi 8 mai 2007

Coup de coeur Cinéma : Apocalypse Now!


Réalisé en 1979 par Francis Ford Coppola (Le Parrain, Dracula...), Apocalypse Now s'inscrit parmi les beaux morceaux de cinéma que j'ai pu voir dans ma vie.

Nous sommes au Vietnam, à la fin de guerre, les américains sont en pleine déroute. L'histoire raconte le voyage du Capitaine Willard (Martin Sheen), officier alcoolique et dépressif, chargé de retrouver un certain Colonel Kurtz (Marlon Brando) en plein milieu de la jungle vietnamienne. Ce dernier est accusé d'avoir dressé illégalement un contingent de francs-tireurs. On le soupçonne aussi d'être devenu complètement givré... Accompagné d'une poignée d'hommes aussi jeunes qu'inexpérimentés, Willard va découvrir l'horreur, l'invraisemblance et la folie de la guerre.

Ce film traite de la guerre de Vietnam mais d'une façon très baroque. Pas question ici de montrer le conflit sous un angle documentaire comme ça se faisait beaucoup à l'époque mais plutôt d'une manière très poétique et métaphorique. Cette oeuvre s'impreigne aussi beaucoup de son époque : la mode hippie, l'impact des chocs pétroliers sur les mentalités, la drogue. L'ambiance y est terriblement malsaine et onirique. On a l'impression de ne pas être sur terre, inquiétant...


Apocalypse Now a exigé plus de deux ans et demi de tournage dans des conditions épouvantables. Guerres locales aux Philippines (pays où a été tourné le film), indiscipline de ses acteurs (Brando n'avait pas lu le scénario et avait pris une surcharge pondéral)... Une vraie catastrophe qui a failli couter la vie au film et à Martin Sheen (emprisonné plusieurs fois pour alcoolisme et agressions, victime d'une crise cardiaque). Coppola a avoué que l'équipe du film était obligé de se droguer et de boire continuellement pour résister à la difficulté. Cette difficulté elle se ressent dans le film, l'ambiance, la puissance de l'interprétation....


Plusieurs séquences cultes comme l'assault des hélicoptères sur fonde Wagner, "l'odeur du napalm au ptit matin (trésor d'humour noir', la sortie surf sous une pluie de bombe et bien sûr la confrontation finale, la meilleure fin cinématographique que j'ai pu vivre.

Un film culte donc. Un bémol toutefois. La version longue "Redux" est une déception. Les scènes rajoutées sont ennuyeuses et inutiles. Coup de coeur néanmoins.

"Le napalm, fiston. Rien n'a cette odeur là. J'aime l'odeur du napalm au petit matin.Une fois, après un bombardement de 12h, je suis allé sur la colline. Il n'y avait pas un seul cadavre de viet. L'odeur...l'odeur d'essence...toute la colline sentait...la victoire"

"Il n'y a rien au monde que je déteste de plus que la puanteur du mensonge"