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samedi 10 novembre 2007

l'Arche de Zoé au Tchad : héroïsme ou acte odieux ?

Comme vous le savez peut-être, la fin du mois d'octobre a été secoué par un scandale humanitaire tournant autour d'une ONG (Organisation non gouvernementale) d'origine française : l'Arche de Zoé. Le 25 Octobre dernier, six membres de cette organisation, dont leur président Eric Breteau, ainsi que l'équipage d'un avion-charter espagnol sont mis en état d'arrestation par les autorités du Tchad à l'aéroport d'Abéché (à proximité du Darfour) alors qu'ils tentaient de faire transférer une centaine d'enfants en direction de la France. Dans la confusion, les informations concernant cette affaire s'enflamment et les actifs de l'ONG sont précipitamment accusés de trafic d'organes voir d'actions à fournir un réseau pédophile. La dépêche fait un tollé et crée une polémique à grande échelle. Mais derrière cette confusion, qu'en est-il de la réalité des faits ? Si la finalité de l'opération, à savoir le transfert illégal d'enfants vers la France, est indiscutable, beaucoup d'ombres planent sur cette affaire et l'on ne connaît toujours pas les motivations exactes des soi-disant coupables de cette opération. Remettons les choses en ordre.

Tout d'abord qu'elles sont les activités officielles de cette ONG ? L'Arche de Zoé a pour mission d'assurer l'intermédiaire entre des orphelins et des parents qui souhaitent les adopter. Bien sûr le groupe est contraint par le cadre législatif international. De par sa nature apatride, une éventuelle mise en accusation de l'organisation doit se faire dans le pays de l'inculpation. Ici le Tchad. Voilà d'où est partie cette polémique. Connaissant la dureté du régime pénal tchadien, de l'incertitude vis à vis de la qualité de l'enquête et des doutes qui planent sur les réalités exactes de l'incident, le gouvernement français d'abord emmené par Rama Yade, secrétaire d'état aux droits de l'homme, s'est mêlée de l'affaire. L'objectif des représentants français est de faire juger l'affaire en France et surtout de rapatrier les suspects pour leur épargner un jugement incertain. Mais la précipitation et le manque de clarté ont fait que les négociations proposées par la France ont été un véritable fiasco. L’intervention provocatrice du président Sarkozy, qui a promis de ramener tous les ressortissants compromis dans l'enquête, a attisé un peu plus cette fournaise. Aujourd'hui, on craint même une crise diplomatique entre les deux pays tant la démocratie africaine a été représenté comme une nation sauvage.
Mais revenons sur les conditions exactes de l'incident. En pleine période de guerre au Darfour, l'Arche de Zoé a, dit-on, pris la décision très généreuse de "sauver" un maximum d'enfants orphelins en les emmenant sur le vieux continent où des familles d'adoptions étaient prêtes à les accueillir. Mais voilà, tous ces enfants n'étaient pas orphelins et des familles ont réclamés aux autorités tchadiennes le retour de leurs enfants. L'ONG française a donc été entenaillée en se mettant en situation de kidnapping d'enfants. Un délit grave punit par les lois du Tchad. Évidemment les médias ainsi que de nombreuses organisations moralisantes ont hurlé au scandale et la version officielle des faits leur donne raison. Toutefois de nombreuses interrogations brouillent les circonstances exactes de l'opération. Globalement de bonne réputation, l'Arche de Zoé aurait pu effectivement avoir eu la louable intention de sauver des enfants d'une possible mort. En cette période d'instabilité extrême, les parents des enfants auraient également pu vendre leurs enfants puis être revenu sur leur décision. Rien n'est pour l'instant à exclure, surtout dans cette région du monde où la morale n'a pas vraiment sa place. En contrepartie, l'ONG a pu également profiter d'une opportunité de marchander des enfants à moindre coût puisque les familles d'adoptions en France négocient directement avec l'organisation. Tout en sachant qu'un certain nombre de "pré-commandes" avaient déjà été passées. Ce triste fait divers est donc loin de briller par sa transparence.

Mais la question qui secoue le plus l'opinion publique est : faut-il laisser le Tchad prendre en charge le jugement de cette affaire ? Il existe plusieurs réponses possibles. La plus stoïque est aussi la plus logique, et en l'état actuel des choses celle qui devrait être prochainement officialisée : selon la législation internationale et le code civil du Tchad, l'enquête et le jugement de cette affaire seront conclus sur les terres africaines. Seul le recours à des avocats étrangers est toléré. La réponse la plus juste mais aussi la plus subjective serait que les accusés puissent bénéficier d'un procès équitable dans leur pays d'origine. Mais cette décision pourrait porter un coup dramatique à la nature de la relation entre la France, le Tchad ainsi que d'autres pays africains qui se sentiront indirectement concernés par cette atteinte portant un jugement sévère aux méthodes judiciaires africaines. Plus grave encore, cela compromettrait gravement les engagements de la France au Darfour, rompant ainsi les promesses humanistes sanctifiées devant le monde entier.
Le dénouement réel de l'affaire de l'Arche de Zoé est donc loin d'être prononcé. C'est aussi une affaire qui partage l'opinion. En l'absence d'une enquête rigoureuse et impartiale, il sera difficile de se forger une opinion solide quant à la réalité de ce fait divers très brûlant. Les inculpés de cette affaire risquent 20 ans de travaux forcés au Tchad. En attendant, personne n'aimerait être à la place de l'Etat français, partagé entre leur bonne conscience et leur engagements diplomatiques, ni même dans celle des futurs condamnés qui en admettant leur innocence pourraient subir une épreuve particulièrement pénible. Espérons que la raison l'emporte sur la passion.

dimanche 14 octobre 2007

Le développement durable : le nouveau business des pollueurs

Le développement durable par ci, le développement durable par là... En l'espace de quelques mois et d'une campagne présidentielle chapotée par Nicolas Hulot, cette expression a grimpé de 150 places dans le top 1000 des mots de l'académie française. Pour ceux qui prennent mon blog en cours de route ou qui préfèrent lire l'Equipe aux journaux d'actualités, je vous renvoie à ce billet (Développement Durable : Principes et réalités) où j'avais expliqué de manière empirique ce qu'était ce concept très à la mode. Aujourd'hui, nous allons mettre de côté la théorie pour exposer comment le développement durable est considéré vis à vis de la populasse auquelle nous appartenons tous.

Si nous pouvons reconnaître une chose aux médias et aux politiques, c'est d'être parvenu à nous faire avaler en peu de temps le "respect de l'environnement" dans notre quotidien de routine et de frustration. Reste à savoir comment et surtout si ces préceptes nous sont correctement transmis.

Évidemment, nous sommes encore très loin de reconnaître les vrais problèmes économiques, sociaux et environnementaux mis en avant par les prophètes du développement durable. Le premier manque reste tout simplement une définition pertinente de cette nouvelle façon de faire évoluer notre monde. Pour le commun des mortels, le "développement durable" est connoté de prairies vertes et de cartes postales façon pub Volvic. Comment prendre au sérieux ces principes de développement s'ils sont assimilés aux rêves des nostalgiques de l'âge de pierre ? Les français sont d'accord pour économiser leur petit litre d'eau quotidien ou prendre leurs gambettes et laisser la Laguna au garage pour les 200 m qui les sépare de la boulangerie. Ok. Mais sont-ils prêts à changer leur chauffage électrique pour la géothermie ? Bien sûr que non. L'erreur du gouvernement Sarko-Fillon est de négliger de manière presque innocente leur Ministère du développement et de l'aménagement durable. Certains auront d'ailleurs remarquer que les médias en ont eu de marre de cet intitulé à rallonge et sont revenus au terme impropre de "Ministère de l'Ecologie". Erreur. Le plus désolant reste la naïveté de son ministre Jean-Louis Borloo, homme de politique de grand talent certes, mais qui n'a pas encore saisi la dimension de la mission qui lui a été confié. Non Monsieur Borloo, aller voir comment le Groënland va disparaître, amener avec vous 30 célébrités faisant 3 allers-retours en avion par semaine, faire 3000 km en brûlant 100 L de gazole au km n'est pas la bonne méthode pour sensibiliser la population aux maux de la planète. Commençons par appeler ce ministère par son nom et cesser de boire du vin chaud près d'un fjord. Ce ministère a un rôle de communication et pas d'observation. Je conçois en contrepartie que le développement durable est proche de l'utopie mais un certain nombre de travaux reste dans les moyens de notre pays. En commençant par travailler sur des pénalités envers les vrais pollueurs : les pays émergents.

Le plus scandaleux est comment certains fumeurs de cigares peuvent se faire du fric sur ce qui les opposent complètement! Je me souviens encore de Al Gore, venant glorioler sur les plateaux télé du monde entier les vertus (très mercantiles) de sa "connerie écologique filmée" ou "Une vérité qui dérange" : un documentaire vaseux, scientifiquement inexacte... Ou comment faire sa promo à grands coup d'hectolitres de kérosène avec son jet privé pour espérer amortir sa piscine olympique personnelle... Pas besoin d'explorer la connerie américaine pour constater à quel point l'hypocrisie est utile pour se faire un max de pognon. La publicité est gangrênée par le soi-disant respect de l'environnement : "pollue moins", "respecte la couche d'ozone", "50 % biodégradable", "1 € reversé à Total"...etc. Un business très accrocheur qui va permettre de donner encore plus de boulot à nos chinois et faire tourner à plein régime les usines.

On peut également lorgner du côté de nos chanteurs moralisateurs de gauche comme le parvenu "Ridan" (excuse moi t'es ma tête de turc là) venant faire la quête avec son dernier tube (avec ces textes qui puent l'opportunisme !) sur la mort de la planète à cause des méchants pollueurs (snifff c'est trop triste!). Toi tu nous pollues avec ta musique!

Le développement durable se voulait être une politique de préservation de notre cadre de vie mais ce n'est pas encore le cas. En l'état actuel des choses, tout cela ressemble à une vaste fumisterie auquelle les business mens se frottent les mains... C'est du propre.

mercredi 3 octobre 2007

Le cinéma devient bigleux!

Ah le cinéma.. la sortie préférée de tous les français juste devant la promenade pépère du dimanche! Un lieu de toutes les rencontres où le lobotomisé fan de Pirates de Caraïbes, le serial-killer du coin et le bouffeur de pop-corn salé peuvent se rencontrer. Autant dire que ce carrefour culturel est l'échantillon idéal pour le dernier sondage de Femme Actuelle (sur l'utilisation trop fréquente du micro-onde pour réchauffer les pâtes...). Ce que ne savent pas nos trois improbables péquenauds, c'est que leur cinéma se foue peut-être d'eux. Je ne parle pas des films (ils ne fichent aussi de vous, enfin les 3/4...) mais bien des salles obscures où vous avez l'habitude de cracher 8 euros pour une bouse commerciale.

En effet depuis quelques temps, certains cinémas sont sujets à polémique. Je m'explique... Je prends Robert Dubois, français moyen de 42 ans travaillant au péage autoroutier d'Artenay dans le Loiret. Comme la brebis idiote que nous sommes tous, il suit le berger qui, dans notre exemple, est un film pourri appelé Les 4 Fantastiques (ça va péter alors il est content Robert!). Bref, notre ami se place au milieu de la rangée un peu en retrait histoire profiter à fond du son "Surrrround"! (accent patate chaude de rigueur!). Depuis 10 minutes le film est lancé, là Robert commence à s'essuyer ses lunettes mais rien n'y fait : l'image lui semble un tantinet flou. Et là il se dit que dans ce cinéma, sa vue lui semble étonnamment moins bonne. Non Robert, tu n'as pas besoin d'un rendez vous chez l'ophtalmo : ton cinéma fait partie des mauvais élèves qui abusent de leur client. Concrètement, l'image de nos films parait de plus en plus flou, manquant cruellement de piqué même dans les premières projections. On peut facilement vérifier ce phénomène en observant la bande noire du scope qui se fond légèrement avec le film lui-même. Le flou gomme le détail et la lisibilité de l'image devient pénible, provoquant un léger mal de crâne à la fin.

Pourquoi ce flou ? La raison est purement économique. Sans rentrer dans les détails, le projecteur de la salle de cinéma est un peu comparable aux caméras mais à l'envers. Comme elles, il est nécessaire d'effectuer une mise au point afin d'obtenir une image nette. Une pratique très simple mais qui nécessite ce qu'on appelle une "tourelle", un accessoire assez coûteux qui permet un réglage automatique du focus entre les différents types de bandes. En effet, il existe plusieurs ratio d'images : 16/9 (1.77), Ecran Large (1.85), Cinemascope (2.35)... qui peuvent différer entre les bandes annonces, les pubs et le film lui-même. Sans tourelle le projectionniste est contraint de faire la mise au point à la volée et succinctement, relevant ainsi du proprement laborieux. Mise à part le flou, on peut également réduire la puissance en Watt des projecteurs et apaiser le coût EDF. Ceci à pour effet d'appuyer beaucoup trop les contrastes et d'assombrir inutilement l'image. Scandaleux donc...

Les mauvais élèves à pointer du doigt sont les cinémas franchisés. Eh Thonon non ? Par soucis d'économie, beaucoup de ces cinémas n'équipent pas tous leurs salles de tourelles provoquant ainsi ce flou qui dessinent tant de sourire sur la bouche des ophtalmologistes. Un scandale compte tenu du prix exorbitant des places et du pop-corn. Mais l'arnaque ne s'arrête pas là. Le son n'est pas en reste. Il existe trois grands formats de son numérique : Dolby Digital, DTS (Digital Theatre Sound) et SDDS. Chaque film a ainsi son format audio numérique. Pour réduire leurs coûts fixe, des grands distributeurs de cinéma signe des contrats d'exclusivité avec certains formats. Le cinéma de Robert est exclusivement Dolby Digital mais les 4 Fantastiques est en DTS. Pour avoir du son, on "downmixe" le DTS 5.1 en Stéréo Analogique, universellement compatible. Les conséquences : un effet d'enveloppement absent et un son linéaire. Pire encore, certaines salles coupent leurs caissons de basse ce qui a pour effet d'écraser la dynamique de la bande sonore et qui donne au spectateur l'impression d'écouter de la FM à plein volume. Robert est blasé... et il n'est pas tout seul.

Ce dossier sur ces abus n'en est pas au point mort. Une plainte aurait été rédigé en vue d'être envoyé au ministère de la culture et de stopper cet abus inacceptable. En attendant, privilégiez les cinémas moyens aux multiplexes, c'est le même prix mais la technique est au rendez-vous.

dimanche 30 septembre 2007

Pourquoi le CD Audio est en crise

S'il y a bien un média que tout le monde affectionne c'est bien la musique! (sauf M.Pokora, qui préfère le terme de "bruit"). Comme tout le monde le sait, la musique nous vient de l'intérieur mais encore plus de notre porte-monnaie. Afin que tout le monde puisse en profiter, il faut bien pouvoir partager cet art intemporel. Pour ça on a inventé plusieurs moyens techniques. Le plus célèbre et le plus nostalgique à la fois aura évidemment été le vinyle. Une sorte de pneu que l'on a passé sous un rouleau compresseur et sur quoi on a réussi à foutre du son (ne me demandez pas comment j'en sais rien). Ce support a connu de nombreuses heures de gloire et cela se comprend : coût de fabrication assez faible pour l'époque et surtout une qualité d'écoute irréprochable qui reste encore une référence aujourd'hui. Mais le vinyle est handicapé par sa taille et oblige l'auditeur à subir un bruit d'autruche en plein orgasme s'il veut passer à la piste suivante. Bref le CD Audio débarque en grande pompe au début des années 80, emportant avec lui un élan de révolution technologique!

Contrairement à l'enthousiasme publicitaire de son lancement, la qualité sonore du CD-A est similaire voir légèrement inférieure à celle des galettes noires. En revanche, elle compense ceci par une meilleure ergonomie, une durée de vie plus longue et profite de l'évolution du matériel acoustique. Pas cher à produire, pratique... Ce support devient très vite incontournable. Tellement même qu'il semble symboliser l'industrie musicale moderne. Depuis 25 ans déjà, le CD-Audio est le support par défaut de la musique mais cette extraordinaire longévité s'explique plus par la frilosité de l'industrie du disque que par la perfection du format. En effet, le "disque laser" (comme on disait à l'époque) fait de la survie : pas cher à produire, pratique... pourquoi passer à autre chose ?

Malheureusement le fléau du piratage veille... Un CD de musique, un logiciel d'extraction et d'encodage gratuit, une connexion internet.. et c'est parti pour une diffusion massive de droits d'auteurs bafoués. Un phénomène incontrôlable qui va plomber la majeure partie des groupes de disquaires. Si les artistes commerciaux sont épargnés, ce sont les petits artistes qui vont se passer la corde au cou... Les grands labels vont profiter du téléchargement illégal pour encore mieux vendre leurs artistes "bankables". Ainsi, on tente de prendre à contrepied la diffusion du MP3 illégal en proposant le téléchargement pas cher (mais très cher quand même) de musiques à la carte sur internet. Un succès retentissant à vous faire gerber du billet vert. En parallèle à cela, le CD-Audio s'allonge confortablement dans sa tombe... Devenu trop cher et victime d'une campagne mensongère à propos du MP3/WMA/AAC, nos rondelles nacrées vivent leurs dernières heures. En effet, un son compressé en MP3 est, même à débit élevé, acoustiquement inférieure au format PCM du disque laser (car non compressé). Mais le MP3 est tellement commercial (tout le monde croit que c'est mieux que le CD-A) que les industriels du disque misent à fond dessus, bien au dépend du passionné du bon son qui devra bientôt se contenter d'un son moins bon et protéger par un verrou (le DRM, Digital Right Management, verrou numérique protégeant le droit d'auteur).

Technologiquement, le CD-Audio a pourtant failli être remplacé à de nombreuses reprises au début des années 2000. Le premier c'est bien évidemment le DVD-Audio, proposant un son multi-canal 5.1 ou 7.1 avec une compression sans perte (le Dolby TrueHD) et encodé sur une résolution de 24 bits (16 bits pour le CD) proposant ainsi une limpidité totalement nouvelle. Malheureusement sorti trop tôt, il est trop cher et n'est pas suffisamment appuyé par les industries en général. Il se ramasse comme un vieux caca... Vient ensuite le SA-CD (Super Audio CD), on revient au CD-Audio et son prix de fabrication faible mais on y place cette fois un son 5.1/24 bits avec compression (mineure). Personne ne suit malgré un tarif décent. Le MP3 est bien trop rentable, enfin quoique...

Oui car en effet, on se rend compte aujourd'hui que les revenus tirés des sites comme iTunes ou autres ne rivalisent pas, loin de là, avec les marges que l'on a pu avoir dans les années 90... De plus, beaucoup de gens apprécient encore d'écouter un son de qualité sur leur installation hi-fi. Avec la démocratisation du 5.1, cet effet est encore renforcé. Ce qui est frustrant, c'est que les industries ont longtemps pensé que le MP3 pourrait remplacer le CD-Audio mais c'est faux. Celui-ci doit être considéré comme une alternative de partage et non comme une révolution. Un redressement de l'industrie du disque passe obligatoirement par un nouveau format standard qui profite de l'évolution acoustique (5.1, 24 bits...). Voilà qui inciterait les gens à débourser de nouveau pour la musique. Alors c'est pour quand ?

vendredi 21 septembre 2007

Otages des grèves SNCF : On ne vous oublie pas!

C'est officiel, la rentrée syndicale est belle et bien lancée. Au menu cette année : un programme dense et passionnant qui ravira le gouvernement ainsi que tous les concitoyens. Dans cette article, j'ai décidé de pousser un gros coup de gueule contre la manière de protester en France. Attention, je ne remets pas en cause le droit de grève, juste la manière dont certains l'utilisent. Il est temps de briser le sceau de la politisation des syndicats, frein aux réformes et au bien-être de ses syndiqués. Nous verrons pourquoi.

17 Octobre, première grève de la rentrée pour la SNCF (je vous rassure il y en aura d'autres). C'est la rentrée officielle pour tous les syndicats d'extrême gauche qui ont besoin, comme chaque année, de se payer un bon gros coup de pub. Juste histoire d'arracher quelques votes futurs pour Besancenot. Tout le monde le pense, personne ne le dit: les grèves de la SNCF sont une profonde calomnie que l'on pourra qualifier de délit. Je considère que l'excès d'utilisation du droit de grève est purement et simplement un abus de pouvoir et d'influence. Amusant pour certains, beaucoup moins drôle pour les usagers, la prise d'otage régulière des citoyens par les syndicats communistes commencent à attiser la colère des gens (de gauche compris). Il est finit le temps où l'on se prenait de compassion pour les cheminots en retraite à 55 ans... C'est désormais une moyenne de trois grèves par an qui paralysent toute la France pendant 10 jours, et tout ça pour des motifs de plus en plus ridicules et poussifs. Je pense qu'il est venu le temps que l'opinion publique prenne conscience des dérives syndicales dans cette entreprise où tout va pas si mal. Oui, la SNCF est une entreprise qui tourne plutôt bien et ses salariés sont loin d'être les plus mal loties en terme de qualité de vie. Pourtant les mouvements de grève sont légions, mais rarement justifiés. En effet, il existe au sein des employés une pression politique et personnelle qui pousse les individus les plus récalcitrants à suivre le mouvement.

Un matin, je suis tombé sur une émission de radio du style "les auditeurs ont la parole" où un cheminot reconnaissait son attachement autrefois aux causes défendues par les syndicats. Mais peu à peu, il s'est rendu compte que les syndicats en question se fichaient bien du sort de ses employés. Les dirigeants de la CGT n'hésitant pas à lancer de fausses rumeurs et de fausses informations afin de bourrer le crâne des travailleurs. Aucune démocratie n'existe, le vote de la grève se fait à main levée avec un décompte totalement approximatif. Il ne peut y avoir de refus, c'est "marche ou grève!". Quand cet homme s'est rendu compte que ces méthodes staliniennes n'avaient pas lieu d'être, il a tout de suite été menacé et son travail rendu plus difficile. S'avouant pourtant de gauche, il a exprimé sa colère contre ces pratiques faschisantes qui émeuvent pourtant tant d'âmes naïves et idéalistes. Son cas est loin d'être isolé, voir généralisé à tous les "incorruptibles". Le "devoir" de grève chez les cheminots est une manoeuvre facile et politique utilisée par la CGT pour diffuser les idées d'extrême gauche, mais bien au dépend des grévistes.

Le droit de grève est un.. droit! Je dirais même bien plus que cela, c'est un privilège. Contrairement aux idées reçues, tout le monde ne le possède pas. Les grèves incessantes de la SNCF sont une insulte à tous les employés qui n'auraient plus que ce moyen pour défendre leurs intérêts. A force d'utiliser les grands moyens pour des revendications minimes, on tue l'effet dissuasif de la grève. Concrètement, le jour où il y aura un vrai problème social eh bien les salariés l'auront dans le derche, bien au fond porte à gauche, "fermez la porte derrière vous merci". Il est inadmissible de bloquer le pays pour n'importe quel prétexte.

Comme je l'avais déjà dit dans un précédent article, la solution serait de rendre aux syndicats une vraie force d'influence et des pouvoirs sains basé sur l'impartialité et l'ouverture d'esprit. Exit donc les excités nostalgiques du stalinisme comme la CGT. Exit aussi le MEDEF, ses leçons d'ultra-libéralisme et ses shows à l'américaine. Il faut rétablir un dialogue social qui inciterait salariés et patrons à s'entendre et à régler un maximum de litiges autour d'une table et pas derrière un pavé.

mardi 18 septembre 2007

Second Life : Un jeu ou un réseau ?

Pour certains c'est un jeu, pour d'autres un outil de communication convivial et novateur, et enfin pour quelques uns encore une véritable nouvelle vie, véritable perspective à fantasmes. Pas de doute, Second Life a ses adeptes et chacun a une façon toute particulière de l'appréhender. Dans cet article, je me suis intéressé au profil de ses joueurs. Entendez par là que je cherche à savoir qui se cache derrière tous ces avatars. Sont-ils vraiment des personnages ? Une deuxième vie n'est-elle pas le reflet de la vraie vie ? Enfin joue-t-on à Second Life pour jouer ou pour « vivre » ?
Sachez tout d'abord que je n'ai pas la prétention d'être psy ou de pouvoir regarder à travers les vêtements des filles. Ceci est donc mon impression de joueur, prenez le comme une opinion et pas comme un article scientifique. Mes différents échanges dans le jeu et ce que je sais de la vie réelle m'ont donné quelques idées sur la véritable nature des joueurs et ce qui les motive. Après quelques enquêtes et un soupçon de curiosité, j'ai classé les joueurs de SL (Second Life) en trois catégories quantitativement homogène.

Premièrement nous trouvons les purs et durs (que certains appelleront péjorativement de "geeks"). Contrairement à de nombreux jeux en ligne, les motifs de jeu des acharnés de SL sont tout à fait différents. La seule similitude serait que ces joueurs cherchent, à travers l'outil informatique, une manière de casser ou de compenser le faible intérêt qu'ils portent à leur vraie vie. Dans Second Life, les grand habitués veulent le plus souvent non pas rejeter en bloc les principes de l'existence, mais plutôt de les vivre dans autre une vie, virtuelle certes, mais qui leur permet de se forger une identité et une reconnaissance qu'ils ne pourraient avoir dans leur "First Life". En se responsabilisant d'une sim (île propriétaire) ou en prenant la tête d'une communauté, ils contribuent partiellement à satisfaire ce qu'ils n'oseraient pas faire en vrai. Pathologique pour une moitié, libératoire pour l'autre, chacun a le droit de penser ce qu'il veut quant à être "quelqu'un" devant un clavier. Pour ma part, il y a un aspect malsain à se détacher de la réalité mais d'un autre côté je comprends ces gens, victimes d'une société égocentrique, leur besoin de "respirer" dans une sorte d'alternative à la vie, c'est à dire ce jeu. La fréquence de connexion des acharnés de SL est variable. Toutefois on peut répertorier dans cette catégorie les joueurs qui se sentent obligé de se connecter tous les jours comme on se brosserait les dents le matin. Et surtout sur une période de long terme, plus d'un an généralement.
La deuxième catégorie de joueurs de Second Life sont ceux qui utilisent ce logiciel comme un "pont" à leur première vie. Généralement ce public cherche à se faire de nouvelles connaissances virtuelles qui pourraient les mener progressivement vers une vraie rencontre RL (vie réelle). Ce jeu peut être une vraie alternative aux sites de rencontres, d'autant plus que dans SL, avec un minimum de courtoisie et d'ouverture d'esprit on peut se faire des relations très facilement (car la timidité n'existe pas). Mais en dehors de l'éventuelle recherche de l'âme soeur, il y a aussi simplement les rencontres amicales. La diversité des thèmes de Second Life (culture, politique...) permet aux gens de croiser facilement des personnes susceptibles d'avoir des points communs avec eux. Ces individus voient SL comme une vraie plate-forme de rencontre et d'échanges sans pour autant s'y investir férocement (ou disons que l'investissement est un appel aux échanges). Ce qui distingue le plus cette classe de joueurs est certainement leur volonté à ce que leur avatar soit le plus ressemblant à ce qu'ils sont vraiment (ou qui s'en approche), tant physiquement que humainement. Leur profil d'utilisation est une fréquence de connexion élevée qui dure jusqu'à l'aboutissement de leur recherche (c'est à dire pas plus d'un an).

Enfin les autres joueurs de SL sont qualifiés d'"occasionnels". Ce sont des gens qui recherchent en SL rien de plus qu'un moyen de se détendre sans se prendre la tête. Très souvent, leur investissement dans le gens est quasi néant, se contentant de faire quelques trucs rigolos (le shopping pour les filles, des courses de voiture pour les mecs...bon je caricature un poil là). Bref ces joueurs se connectent de manière très parcimonieuse, en fonction de leur envie du moment.
Difficile de dresser avec rigueur un modèle type de joueurs de Second Life. Chacun à ses propres motivations, ses envies, et qui peuvent fluctuer comme l'est le cours du Linden Dollar (je plaisante...). L'essentiel est que chacun y trouve son compte sans que personne n'ait à porter un jugement rapide. Nous avons tous notre histoire et ce qui est sûr c'est que nous ne sommes pas toujours "quelqu'un d'autre" dans ce jeu. Son avatar est souvent notre alter-ego qu'il soit volontairement ressemblant ou pas. Au final je pense que SL est une sorte de photographie de la réalité de ses habitants.

mardi 4 septembre 2007

C'est la rentrée pour les enfants, les vacances pour les parents!

Après plus de deux mois de congés plus ou moins bien mérités, nos chers têtes blondes retrouvent enfin le chemin de l'école et les joies de la cour de récré. Ouf! Dirons certains... Il est vrai qu'avoir des mioches est un défi de plus en plus corsé aujourd'hui. Eh oui les moeurs changent et les enfants aussi. Je n'ai pas encore le malheur d'en avoir et tant mieux lol! Oui car en l'espace d'une décennie, on a pu constater une transformation très perceptible des comportements infantiles et les professeurs pourront vous le confirmer. Aujourd'hui nous avons la désagréable sensation que nos progénitures deviennent hors de contrôle! Pourquoi ? Attention billet polémique...
Il y a déjà un certain temps que je constate à quel point les gosses n'ont plus peur de rien. Parfois je me remémore mon passage au pays des enfants où les garçons jouaient aux billes, les filles à la marelle et les instit's à grogner sur les réformes du gouvernement Balladur... Je me souviens aussi de cette hiérarchie qu'il existait entre gosses : les gros durs, les moins durs et les têtes de turcs. Un système de dominant-dominé parfaitement huilé qui permettait un ordre radical à l'école et qui prenait parfois des airs de régime pseudo-faschiste où les petits kékés utilisaient la peur pour régner sur leur territoire-récré. C'était fascinant... Mais la classe c'était tout autre chose, un monde parallèle où les gros durs se retrouvaient dans un coin dans la classe et parfois un revers bien mérité sur la pommette gauche, qui un instant, montrait au grand jour les pleurs et donc la looseritude dissimulée du ptit Kevin. Un moment de jouissance quoi! C'est aussi l'époque où l'autorité de l'école est profondément remise en cause. Quelques faits divers viennent enflammer les 20 h où l'on parle d'instituteurs castagnant leurs élèves (on mettra de côté la pédophilie qui est hors-sujet dans ce billet). Dès lors, on insiste sur la violence commise par les professeurs et en particulier de la façon dont ils utilisent la répression. On a fait de quelques cas extrêmes, une généralité, résultat : le pouvoir d'autorité du corps enseignant est législativement mis à néant. Les enfants sont excusés en tout et le pseudo-faschisme infantile s'applique désormais en classe.

C'est donc au cours des milieux dans années 90 qu'explose l'anarchie déjà naissante dans les classes et en particulier en école primaire. Une simple réprimande sur un enfant suffit à envoyer l'enseignant devant un tribunal ou pire, se faire refaire le portrait par un parent "un peu protecteur" suivi de près par des associations jactant la victimisation des enfants en classe. Bref, faire régner l'autorité en classe est devenu un exercice à haut risque, en particulier dans les quartiers sensibles où les amalgames de racisme veillent avec un oeil prêt à scander le message politique opportuniste. La seule arme que dispose le corps enseignant c'est l'autorité verbale mais son efficacité se réduit comme peau de chagrin car de plus en plus considérée comme une violence susceptible de briser "l'équilibre de l'enfant". Des théories faites par des psychiatres de supermarché qui ont fait des enfants d'aujourd'hui (et de demain) des êtres totalement ignorants des limites à ne pas franchir et du respect de l'autorité. Et donc pour revenir à ma minute nostalgie de toute à l'heure, je me souviens aussi que les petits respectaient les grands. Même les "gros durs" respectaient les plus vieux! Stupéfaction aujourd'hui de voir des gosses de 7-8 ans provoquer gratuitement des grands de 16-17 ans. Et ce n'est pas rare!

Au delà du non-respect de l'enseignant et de l'autorité, il y a aussi (et c'est d'ailleurs le plus grave) la déperdition de l'autorité parental. C'est simple : les parents doivent pondérer leur autorité sous peine d'être jugés par la loi et de se voir retirer leurs enfants. "La claque", un mot qui rappelle de mauvais souvenirs à tous les individus de + 18 ans. Demander à un gosse de 8 ans ce qu'est une "claque".. "Non ce n'est pas le bruit d'une porte, petit". Il est amusant de constater aujourd'hui comment les parents sont ridiculement faibles face à leur progéniture. Aucune autorité! Et pour avoir la paix, on leur cède tout! Voilà comment faire un enfant incapable d'être un futur adulte. Je pense que cette indulgence parentale que l'on peut considérer comme très grave, est l'une des causes les plus évidentes des problèmes de banlieues. La pauvreté n'est pas la cause de l'anarchie. Un gosse de riche est d'ailleurs souvent enclin à faire des conneries et il existe beaucoup d'enfants bien élevés dans les cités. Sans prôner l'éducation ferme et strict, je pense qu'il est temps de réapprendre aux enfants les limites et le respect de l'autorité. Je ne dis pas ça pour les parents, je le dis pour eux! En effet, il me semble indispensable qu'un enfant (pour être bien) puisse avoir des repères. Quelques claques méritées n'ont jamais fait des enfants-victimes! Sauvez nos enfants.

lundi 3 septembre 2007

Et c'est (re)parti...

La fin des vacances approchent mais rassurez vous, mon blog continue! Cette année devrait être assez prenante pour moi mais promis j'essairais de trouver des créneaux pour écrire de nombreux billets qui j'espère attisera votre curiosité. Si vous avez des idées de réflections, des coups de gueules à partager, n'hésitez pas à me les faire parvenir.

Voilà bonne rentrée à tous! ;-)

mercredi 25 juillet 2007

Le cyclisme, un sport malade ?

Coup de tonnerre dans le Tour de France 2007, Alexandre Vinokourov (un des favoris de l'avant tour) est contrôlé positif à la transfusion homologue. Cette pratique, bien connue du cyclisme, consiste à se faire transfuser du sang d'un individu x du même groupe sanguin afin de densifier la présence de globules rouges et par conséquent d'améliorer l'apport d'oxygène, essentiel à l'effort sportif. Ceci est bien sûr interdit et est considéré comme du dopage en bonne et due forme.

L'éviction de Vinokourov et de son équipe Astana (accusée d'avoir appuyé le coureur dans sa démarche) porte un coup terrible au cyclisme. On pensait ce sport nettoyé du dopage mais l'affaire Puerto de l'an passé, qui a révélé au grand jour la tricherie de grands noms du cyclisme comme Jan Ulrich ou l'étoile montante Ivan Basso, ainsi qu'Astana cette année, sans parler de la suspicion de dopage de Rasmussen, leader actuel du tour, montre que ce sport est encore gangrené par le fléau du dopage. L'objectif du "tout-propre" est loin d'être atteint.

Toutefois il ne faut pas se laisser impressionner par ces coups de théâtres récurrents. Contrairement à ce que l'on peut penser, le cyclisme est beaucoup plus sain qu'autrefois. En effet, avant l'affaire Festina de 1998, les trois quarts du peloton usaient de produits illicites. Dix ans après, des coureurs trichent encore mais ne représentent plus qu'un quart du peloton. Pour preuve : les moyennes de vitesse ont baissé et les décollages surhumains à la Indurain ou à la Armstrong sont moins fréquents.

Le cyclisme est malheureusement un sport qui a le mauvais rôle. En 1998, il a été montré en exemple pour amorcer la lutte anti-dopage. Le dopage dans le cyclisme est compréhensible sans être excusable. Il s'agit du sport le plus difficile qui soit car il est très exigeant sur le plan physique mais aussi sur le plan mental. La pression des résultats n'aide pas la sérénité des coureurs, qui on peut le comprendre, se sont fait séduire par des pratiques frauduleuses. Il y a donc tricheur et tricheur.

On a tendance à oublier que la lutte anti-dopage est profondément injuste. On condamne les sports financièrement modestes comme le vélo mais on ménage le football, le tennis ou l'athlétisme. Des sports qui ont trop d'intérêts pour être attaqués. Pourtant tout le monde sait que ces sports sont pourris par le dopage mais personne n'ose se dresser contre les magnats du sport et on les comprend.
Injuste sur le plan de la législation internationale aussi. Tout simplement parce qu'il n'y en a pas ou si peu. A vrai dire, seules la France et l'Allemagne possèdent des dispositifs anti-dopage efficaces. D'autres pays comme les Etats-Unis privilégie le spectacle à la dignité du sport. C'est le cas de football américain où l'usage de produits dopants est presque une philosophie. Pourtant à 50 ans la moitié des sportifs meurent de schlérose en plaques ou divers cancers....

Le spectacle doit continuer comme disait l'autre....


vendredi 20 juillet 2007

Vers une 6ème République ?



Depuis la campagne électorale des présidentielles, les institutions de la 5ème République sont particulièrement critiquées. C'est la première fois que cette république, à la durée de vie impressionnante, a été remise en cause, à gauche comme à droite. Cette situation va prochainement changer. En effet, derrière les frasques médiatiques autour de Jack Lang et de l'"ouverture gouvernementale" se construit une refonte des mécanismes institutionnels via un comité exceptionnel. En d'autres termes moins énarques : une nouvelle façon de gouverner est en train de naître.

Difficile de changer la 5ème république, "la république de la résistance et de Gaulle" est durement imbriquée dans la tradition française mais sa date de péremption arrive à terme et les limites du système institutionnel se font sentir. Sous l'impulsion du président Sarkozy mais aussi d'une tendance très actuelle, on estime qu'il est temps de revoir les fondements de notre démocratie afin qu'elle s'harmonise mieux avec une époque qui n'a plus rien à avoir avec la période post-pétainiste.

Un conseil sur la réforme des institutions a donc été organisé en vu de proposer, pour la fin 2007, un rapport général qui proposera les grands axes de ce que sera une mise à jour de la 5ème République ou pourquoi pas une... 6ème république. Si le principe de changer totalement d'institution peut paraître un rien pompeux et grandiloquant, c'est pourtant dans cette voix que semble se diriger peu à peu la France.

Ce fameux conseil est composé de 13 membres issus d'horizons très divers. On y trouve des politiciens mais aussi un panel d'experts juristes. Il sera dirigé par Edouard Balladur, reconnu par sa "sagesse" et son expérience. On y trouve également la présence "polémique" de Jack Lang... Une polémique totalement injustifiée pour une raison très simple : jamais une république ne s'est construite que par un seul parti (même si on reconnaît bien là l'opportunisme caractéristique du personnage). Un consensus politique est indispensable afin que les français puissent se reconnaître dans cette nouvelle démocratie. En plus de Jack Lang, on trouve beaucoup d'autres personnalités de gauche et du centre, ce qui parait tout de même normal.

Parmi les premières idées qui y ont filtrées, on parle de la suppression du poste de Premier Ministre et un renforcement du rôle de l'Assemblée Nationale, du Président et du Sénat. On parle aussi des mandats uniques (enfin!) et limités dans le temps (tout dépend des postes). En attendant les propositions concrètes, je vous donne rendez au mois de Novembre prochain pour la remise de ce rapport bien plus important qu'il n'y parait!

samedi 23 juin 2007

Génocide gauchisant....

Présidentielle 2002 : C'est le coup dur pour la gauche! Le parti est relégué chez les perdants au profit du Front National. Le retrait de Lionel Jospin n'y fera rien, le déclin est sérieusement engagé... Jospin avait au moins eu le mérite d'imposer une ligne directrice à tendance droitisante ("La mondialisation il ne faut pas la combattre, il faut l'encadrer") mais avait cassé son parti en deux. Les Fabusiens & Co d'un côté et les Jospinistes de l'autre. La guerre au parti socialiste est déclaré.

2002-2006 : Une période noire, pour ne pas dire calamiteuse. Aucun chef, une cohésion artificielle, des idées aussi absentes que des jeunes à un concert de Franck Micheal... L'opposition socialiste a été NULLE. La stratégie de défense était simple : on critique chaque proposition mais on ne propose rien. Jamais un contre-pouvoir n'avait paru aussi ridicule. Toutefois, fin 2006, la candidature de Ségolène Royal va apporter un bol d'air frais au parti. Le fait que les socialistes soient représentés par une femme va donner l'illusion d'un renouveau. Les comportements machistes vont d'ailleurs s'en donner à coeur joie... Pendant les présidentielles de 2007, le parti socialiste va nous paraître alors revigoré en dépit d'un programme léger et volontier incohérent. L'échec au deuxième tour va faire disparaître le mirage... La gauche française est en crise sévère. La fin annoncé du socialisme en France?

Un constat d'autant plus surprenant que la gauche a fait un score plus qu'honorable, 47 % c'est pas mal! Malgré cela, la défaite de 2007 va paraître pire que 2002! Ségolène Royal est accusée de ce semi-échec (je dirais plus demi-victoire de mon point de vue). Les charognards qui la secondent vont alors tout risquer pour récupérer la tête du PS. Dans le même temps, des têtes tombent... Hollande est la première victime, à tort. Il n'a pas été le plus mauvais. Strauss-Khan devient agressif et canarde tous ses concurrents! Fabius, si contesté autrefois, ruse en se faisant pour un saint mais reste un pervers politicard... Les jeunes loups veulent aussi leur part, Arnaud de Montebourg dégoulinant d'hypocrisie qui malgré sa nullité proclame sa légitimité en tant que chef... Royal riposte, profite de sa bonne popularité et avoue qu'une partie du "Pacte Présidentielle" n'était pas son idée......PITOYABLE!!! Seuls quelques "sages" comme Bertrand de la Noé restent humbles mais pas convaincants pour autant.

L'élection du prochain chef du PS s'annonce aussi brûlant qu'un chili con carne! Mais cela montre une chose : la gauche française est loin de s'être sorti du pétrin! Mais comment ont-ils pu en arriver là ??? Dîtes moi.

mardi 19 juin 2007

Election Législatives 2007 : C'est plus Saint Tropez que Biarritz finalement!

Avec 371 sièges, l'UMP est finalement bien loin du Tsunami qui annonçait jusqu'à 450 sièges. Néanmoins le parti conserve une confortable majorité qui lui permettra de passer ses lois sans difficultés majeures.

Ce rééquilibrage inattendu est quelque part une bonne chose car il permettra d'avoir une opposition avec un coffre suffisamment fort pour se faire entendre et jouer un équilibre indispensable pour une démocratie.

Mais est-ce que cela réglera les problèmes d'une gauche totalement défaillante ? Non! Le parti socialiste est loin d'être sorti de sa crise qui dure depuis maintenant plus de cinq ans. Le problème de ce parti est son inaptitude à faire des compromis et de persévérer à avoir le cul entre modernité et nostalgie. Tant que quelqu'un n'aura pas l'audace de faire un choix clair et net, d'avoir l'intelligence d'accepter qu'un parti puisse évoluer (à gauche ou à droite), les socialistes continueront de s'enliser jusqu'à une probable rupture qui nourrira l'extrême gauche. En l'état actuel des choses, les stratégies d'attaques sont les mêmes : on critique mais on ne propose pas! Comment être pris au sérieux quand on ne propose aucune alternative ? On ne peut pas... La gauche n'a aucun programme si ce n'est quelques grands "packages " bien pompeux (le Pacte présidentiel...) jolies mais qui sonnent le creux. En face, l'UMP a le mérite d'avoir des idées et un programme clair, que l'on soit d'accord ou non avec eux. Le PS utilisera une nouvelle fois les attaques personnelles et le dynamitage de l'opinion avec une mauvaise foi dont eux seuls ont le secret... c'est triste.

dimanche 17 juin 2007

Election Législative 2007 : Inutile ou scrutin défaillant ?

Oui on le sait, l'UMP remportera très largement (très très même) son pari en trustant la quasi-totalité des sièges de l'Assemblée Nationale. Je me considère plutôt comme quelqu'un ancré à droite et pourtant... Un tel raz de marée n'a pour moi pas grand intérêt si cela ne donne aucun contre-pouvoir à l'opposition (c'est la caractéristique de la démocratie : pouvoir et contre-pouvoir). Si on réfléchie bien, l'Assemblée Nationale n'a pas une réelle importance dans les institutions. Elle ne fait que voter les lois, et contrôler le gouvernement. Des missions qui sont plutôt la chasse gardée de l'opinion publique qui elle seule peut réellement renverser un pouvoir.

Alors ça sert à quoi une Assemblée ? Pour moi l'Assemblée Nationale devrait remplir ses fonctions premières : un lieu de débat et de contre-pouvoir! Une trop large domination de la droite va réduire comme peau de chagrin le dialogue déjà difficile. Le système législatif est à mon avis en crise et cette élection en est l'illustration.
Nous sommes dans un système à "majorité à double tours". Ça signifie que le candidat devra obligatoirement obtenir 50 % des voix et 12,5 % des inscrits. Cela veut dire aussi que les partis sont obligés de faire des alliances politiques pour obtenir des sièges. Une méthode discutable qui reflète peu l'opinion publique (il y a une différence entre le PS et le PCF, ainsi qu'entre le MPF et l'UMP).
Résultat ? Des aberrations démocratiques! Le Parti Communiste, totalement ruiné et démodé (2 % aux présidentielles), va parvenir à maintenir son groupe à l'Assemblée alors que le MoDem va péniblement obtenir 3-4 sièges (19 % aux présidentielles). C'est logique selon vous ?

Je préconise un compromis entre majorité à double tours et proportionelle (1 seul tour, même si le candidat n'obtient pas 50 % des voix) : un système double. La moitié des sièges sont données à un système majoritaire. On conserve l'élection législative mais on regroupe les circonscriptions. La seconde moitié sont des députés nommés par les partis. La proportion se base sur les élections présidentielles. Une économie d'argent et une élection qui reflète davantage l'opinion publique.

Il faudrait également s'intéresser aux problèmes de fonds en luttant contre l'absentéisme massif des députés. C'est inacceptable! Il faut sanctionner ces absences par des blâmes voir des suppressions de mandat. Etre député c'est une responsabilité. Enfin, il faut en finir avec les dialogues de bac à sable! Respectez-vous et donnez l'exemple! Regarder un débat à l'Assemblée revient à regarder un match PSG-OM, il faut que ça cesse!

Bon voilà... maintenant votez ya un deuxième tour aujourd'hui (en plus il pleut!).

Election Législatives 2007 : Sea, vote and sun!

L' élection législative 2007 aura été le plus grand flop jamais réalisé pour un tel scrutin. D'ailleurs je ne comprends pas comment ce premier tour a pu être validé avec une abstention aussi forte (près de 40 %)!

Pourquoi une affluence aussi désastreuse ? Selon moi il y a plusieurs raisons. Commençons par la plus évidente et la plus drôle : le soleil. Eh oui mesdames, messieurs, il fait beau (les climatologues considèrent que le climat français est le plus confortable pour l'être humain) et qui plus est un dimanche de Juin où les tentations de vacances sont fortes. Et puis franchement,
l'UMP avait gagné d'avance! Oui nous sommes en France! Le pays des feignants et des éphémères sursauts démocratiques....

Bilan une élection complètement boudée et avec zéro intérêt. Je me demande quels ont été les audiences pourris de dimanche soir à la télé, ça devait être un carton (mouillé) ! Donc le temps que l'on finisse de bailler et que la droite récupère ses 450 sièges (dont un bon quart donné par la gauche il faut dire...), je vais vous parler du système de scrutin des législatives qui à mon avis doit être remis en cause...

(citoyennes françaises...)

TO BE CONTINUED (prochain article)

vendredi 25 mai 2007

Un grand bravo à Erik Zabel

Hier, le coureur cycliste allemand Erik Zabel reconnaissait avoir pris de l'EPO au cours du Tour de France 1996. Je tiens à lui tirer mon chapeau pour avoir eu le courage de reconnaître ses torts. Il faut dire que le dopage détruit peu à peu le cyclisme et que ce n'est qu'en disant la vérité qu'on le vaincra peu à peu. De plus Zabel est loin d'être le moins méritant, il ne s'est dopé "qu'une seule fois" à une époque où 90 % du peloton devait s'injecter des substances illicites. Cela signifie aussi qu'il a été un vrai sportif les autres années alors que ses concurrents se dopaient toujours... Il a reconnu une faute qui va terminer définitivement sa carrière, mais il aura sauvé son honneur de cycliste. Une honnêteté qui devrait s'étendre un peu plus...

jeudi 24 mai 2007

Bon départ pour Sarkozy!

Si l'on ômait son escapade people dans les îles maltaises, Sarkozy semble s'être définitivement adapté à son costume de président. On ne peut pas en tout cas lui reprocher d'avoir enfiler des pantoufles, son emploi du temps est tout simplement impressionnant. Entre visites de terrains et rencontres de grands représentants, Sarko semble prendre son travail très au sérieux, que ce soit sur le plan national ou international. Il marque très clairement une césure avec le chiraquisme, sa promesse de "gouverner autrement" se concrétise peu à peu, très dynamique, très entreprenante. Je vous confierais que je craignais que le président se relâche après son élection, je me suis trompé.

Pour l'instant il excelle là où on ne l'attendait pas. Son passage à Bruxelles est un succès certain et ce malgré ses prises de positions très ferme. Son projet de traité simplifié qui pourrait refaire redécoller l'Europe a semble-t-il séduit les autres dirigeants. Reste à savoir comment il va concilier le "non" à la constitution de la France et les principes "bolkeinsteinistes" ultra-libéraux. Il ya du travail sur la planche. Ses relations internationales sont égalements assez bonnes, notamment avec Angela Merkel qui avait implicitement soutenu Ségolène Royal.

On retrouve Sarkozy également au niveau national avec une note toute particulière au dossier EADS. L'Etat français, conjointement avec l'Allemagne, pourrait bien tenir ses promesses en renflouant le capital du géant de l'aéronautique. Il faudra quand même attendre des négociations avec nos amis allemands au mois de Juillet. De plus rien ne garantit que cette recapitalisation résolve l'ensemble des problèmes.

Une bonne équipe ministérielle également. Je regrette quand même que Thierry Breton n'ait pas été conservé au poste de ministre de l'économie. Un des seuls Chiraquites dont le passage au ministère a été irréprochable. Je ne suis pas choqué de la venue d'hommes de gauche dans le gouvernement. Bernard Kouchner a une vision internationale assez proche de celle de Sarkozy, Eric Besson est un spécialiste de l'économie dont les principes libéraux sont similaires au projet du gouvernement. Il y aura certainement des prises d'oppositions de temps en temps mais est-ce un mal ? "Cultivons la différence" comme dirait l'autre. Des projets ministériels peut-être un peu trop tutoré par Sarkozy lui même mais qui devra bien faire confiance à ses ministres à moyen terme.

Il est trop tôt pour affirmer que le gouvernement Fillon est une réussite mais les premiers signes laissent présager le meilleur. Ne reste plus qu'une opposition de qualité à l'Assemblée. Car un bon gouvernement c'est aussi une bonne opposition car il faut être contredit pour avancer dans le bon sens. Mais quand on voit la gueule du PS et du MoDem en ce moment, on se dit que ce n'est pas gagné...

jeudi 17 mai 2007

François Fillon : nommé premier "kamikaze" ministre!

La nouvelle vient de tomber et c'est sans surprise que François Fillon a été nommé au poste de "siège éjectable" du gouvernement, plus communément appellé Premier Ministre.

Originaire de la Sarthe, il commence sa carrière politique très jeune et sans passer par l'ENA. Il bénéficie tout de même du pistonnage de Joël le Theule, alors député de la Sarthe. Après la mort de ce dernier, il endosse alors lui-même le rôle de député et devient le plus jeune parlementaire de l'histoire de la France à seulement 27 ans. Sa carrière politique évolue et il côtoit de grands noms comme Philippe Seguin, l'un des lieutenants les plus influents de Jacques Chirac. En 2002, il rentre au gouvernement comme ministre des affaires sociales et s'attaque à l'un des dossiers les plus brûlants qui soit : la réforme des retraites. Un passage laborieux mais victorieux. Fillon a également eu l'audace de se frotter aux 35 h. Un courage politique qui a payé. Son mandat de ministre à l'éducation nationale en 2004 est tout aussi témémaire mais également plus nuancé. Le coup de force de sa réforme sur l'éducation ne sera qu'un demi-succès et beaucoup de choses restent à faire (si c'est possible...). Il est viré du gouvernement après l'échec du référendum de la constitution européenne.

François Fillon fait partie de la branche "sociale" de la droite initiée par Seguin et dont à fait partie Raffarin et aujourd'hui Jean-Louis Borloo. Il prône le dialogue et la collaboration des partenaires sociaux. Il est d'ailleurs assez reconnu pour ça. Sa place de premier ministre n'est donc pas un hasard car il associe fermeté et tempérance mais au vu des derniers premiers ministres depuis 10 ans on peut se demander combien de temps il pourra tenir dans ce mauvais rôle, véritable briseur de carrière politique...

Bon courage François, tu vas en avoir besoin...

mardi 8 mai 2007

Des actes anti-démocratiques qu'on se lasse de voir!

367 voitures brûlées / 270 interpellations c'est le chiffre des incidents qui ont suivis l'élection de Nicolas Sarkozy a l'élection présidentielle.

Qu'en penser ? Pas grand chose. Ces actes sont inadmissibles sachant que Sarkozy a été élu en toute légalité. Ces réactions anti-sarko n'ont donc aucune justification. Amusant de voir que ceux qui ont commis ces actes nous font la morale de la démocratie alors qu'il ne la respecte pas.

Les enragés d'extrème gauche, les anarchistes partisans de la violence, je les classe au même rang que les skinheads ou autres neo-nazis. Ce sont des partisans de la haine et du déséquilibre, point barre. Ces gens estiment que leur liberté de pensée vaut davantage que celles des autres. La liberté ça se partage et ça se respecte.

Election Présidentielle 2007 : Sarkozy, 6ème président de la République!


Satisfait mais pas enthousiasmé, j'ai accueilli la victoire de Nicolas Sarkozy avec un certain soulagement. Mon pronostic allait depuis longtemps à Ségolène Royal, malgré les sondages. Je me suis trompé. Je tiens à redire mon respect pour la candidate qui n'a pas dû rire tous les jours. Elle ne mérite pas les critiques vicelardes et lâches des charognards du PS.

+ 53 %. Un bon score qui permet à Sarkozy de justifier une vraie majorité des français. Une victoire, certes, mais fragile. Sarkozy aura fait une compagne irréprochable, se campant toujours sur un axe rectiligne qu'il n'a jamais dévié. Ce discours clair et synthétique a séduit une bonne partie de l'électorat. Le 6ème président de la république donne une image de coach d'équipe, un chef. Chirac lui était plutôt considéré comme un patriarche, de bonnes paroles mais un certain éloignement mis à vis du peuple. Les français, qui ont traditionnellement besoin d'être pris par la main trouveront certainement en Sarko un bon chef de file.

Son quinquenat sera-t-il un succès ? Rien n'est moins sûr. En 1981, Mitterrand était vu comme un sauveur et pourtant son bilan n'a pas été vraiment à la hauteur de l'engouement qu'il a suscité. Mon avis est que Sarkozy ne fera pas mieux. Ses propositions ne sont qu'au stade des promesses et connaîtront de nombreux obstacles. Pour commencer : les français eux même. Les mouvements sociaux seront présents, à mon avis particulièrement violents. La communauté d'extrème gauche étant très audacieuse et influente en France, il y a fort à parier que leur haine anti-sarko parlera! Tant que les syndicats seront autant politisés (CGT...), on ne rétablira pas le dialogue social. Le MEDEF, porte parole du pouvoir financier est à ranger dans le même panier.

Deuxième obstacle : Bruxelles. Les 3/4 de nos lois passent devant une commission européenne et seulement 1/4 sont validés. Un sujet absent de la campagne car trop génant. On se demande comment Sarkozy parviendra à convaincre l'UE de faire passer ses réformes "coups de poings". C'est un Européen oui, mais Européen sceptique. Ses relations avec Angela Merkel sont déjà médiocres. Comment retrouver la confiance de l'Europe ?

Néanmoins je crois que Sarkozy est un homme de parole et qu'il fera tout son possible pour tenir ses promesses même si peu d'entre elles verront le jour.
Toutefois ne vendont pas l'ours avant de l'avoir tué. Un nouveau président signifie toujours nouvel espoir.

Accordons lui le bénéfice du doute.

Election Présidentielle 2007 : Mon avis sur Royal


Passons maintenant à Ségolène Royal.

Commençons par saluer un certain courage de sa part. Etre une femme qui se présente aux élections présidentielles n'est pas une mince affaire. Je ne parle pas de ses concurrents, je parle de ses alliés. Dans ce milieu noyé par le machisme, il n'a sûrement pas été facile de justifier sa place de candidate, surtout quand son CV n'est pas le plus étoffé. Il faut toutefois reconnaître et ce n'est pas de la mauvaise foi de dire que la présence d'une femme à la tête de l'équipe n'est pas un hasard ni un mérite. Ségolène Royale est une femme, belle et élégante qui plus est. Elle surfe sur la mode des femmes en politique qui font fureur en Europe et dans le monde. Un argument marketing ? certainement! La candidate du PS est-elle mauvaise pour autant ? non! Son inexpérience et sa spécialisation passé dans le social et l'éducation font que politiquement elle ne peut rivaliser avec Sarkozy. Si à ce niveau du second tour Sarko parait toujours plus doué et persuasif, on ne peut pas dire que "Ségo" n'aura pas fait les efforts pour grandir sa crédibilité. Même si elle perd ce soir, elle aura néanmoins gagner une place de leader au sein du PS ce qui n'est pas rien. Elle participe à la reconstruction du PS, totalement ridicule depuis 5 ans, ne sachant que contester et jamais argumenter. Le PS français retrouve son efficacité d'antan.

L'image de Ségolène Royal est positive sur l'électorat. Son image de douceur, de blanc vétue et de calme s'apparente à la vierge Marie et la sagesse qui en découle. Pompeux mais efficace. Ségo marque un gros point sur Sarko dans ce domaine. La forme oui mais le fond ? On reprochera à la candidate du PS d'être convenue, lisse et hésitante. A s'octoyer des idées de droite pour remettre le PS sur un niveau européen est un acte courageux et raisonnable. Là où ça coince c'est son conservatisme à vouloir préserver certains principes d'extrème gauche propre au socialisme français. Si Ségolène perd ce soir, ça sera certainement à cause de ça. Ratissez trop large fait perdre le coeur de son électorat (qui se tourne vers Bayrou puis Sarko au second tour). Le cas Eric Besson en est la parfaite illustration.

L'économie est le point faible de Ségolène Royale. Visiblement peu douée sur ce sujet, elle reste floue sur ses propositions. Des idées qui ont peut-être un fond intéressant mais qui laisse trop de place à l'improvisation. Le SMIC à 1500 euros est une des propositions les plus maladroites et ce pour une raison simple : d'abord le SMIC actuel atteint presque ce niveau et d'ici 5-6 ans passera sur cette échelon. De plus des salaires trop élevés (ou plutôt les charges qui vont avec) découragent l'employobilité des entreprises, surtout les PME de moins de 10 salariés dont le fait d'embaucher est devenu un luxe aujourd'hui.

Socialement, propositions maladroites également. Trop de générosité, peu de raison. Réduire la dette n'est pas un discours, c'est un fait. C'est à force de jeter l'argent que la dette s'est enflammée. Le surnombre des fonctionnaires est un problème reconnue, même à gauche. Il faut les réduire. En revanche je suis d'accord avec elle sur le fait qu'il faut augmenter le nombre de professeurs et réduire l'effectif des classes.

En politique extérieure, Ségolène Royal poursuivra la mission de... Chirac! En effet, Chirac a réussi sa politque extérieure (point fort de son bilan) par son savoir-faire des compromis. La candidate du PS part dans cette même optique de diplomatie. En revanche elle manque de fermeté et d'une prise de position suffisamment ferme. Le cas de la Chine est le plus probant : il y a quelques mois, elle faisait copains-copains avec nos amis orientaux et s'aperçoit maintenant que la Chine est le plus gros pollueur au monde, une nation d'inégalités profondes et politiquement totalitariste. Des hésitations dangereuses et irresponsables.

Un discours totalement morne et archaïque sur l'immigration. Aucune prise de risques. Il serait tant que les socialistes commençent à s'enlever la merde des yeux. Les flux migratoires posent un problème considérable. Pas seulement économiquement mais humainement. Le marché des passeurs n'a jamais été aussi fructeux, les bâteaux surchargés de futurs morts et pauvres abondent... Comment accepter une telle horreur ? C'est pourtant le laxisme des gouvernement de gauches passés qui ont contribué à ça. Ségolène Royal devrait s'inspirer de son pote Zapatero. Lui au moins a pris le problème par les cornes et ça marche!

En matière d'éducation, la madone du PS prend ici l'ascendant sur Sarkozy. Idées justes et globalement faisables. Elle connait le sujet. De plus elle parle des problèmes des universités et semblent vouloir y remédier avec force. Un bon programme, clair et juste dans ce domaine.

En matière d'environnement, Ségolène Royal devrait arrêter de prendre conseil sur les Verts qui n'ont pas compris que le nucléaire faisait de nous un pays (relativement) propre. En s'opposant aux réacteurs EPR (nouvelle génération de centrales nucléaires, consommant deux fois moins d'uranium et réduisant par 3 la création de déchets), elle prend la décision irresponsable de laisser en place des centrales dangereuses et instables pour produire notre électricité en attendant que d'autres énergies prennent le relais. Effrayant.

Enfin, sujet qui me touche particulièrement en géographe que je suis : la décentralisation. Seule madame Royale en a parlé et bien. Elle compte poursuivre les programmes qui visent à donner plus de pouvoirs aux régions et favoriser le developpement de proxomité. On sait que la décentralisation (ou plutôt déconcentration dans le cas de la France) est un domaine très important que tout le monde a fait abstraction. Merci donc d'en avoir touché quelques mots.